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confiance, la bonté du Roy et la Croix de St Louis,  qui lui a été accordée par son altesse royale Monsieur, dans la baie de Quiberon. 
Nantes le 1
er
janvier 1815
(*) il n’avait alors que 26 ans
J’imagine volontiers notre Jean-François Ertaud au moment où il écrit cette lettre, se remémorant alors tous les épisodes d’une vie d’aventures dignes du
comte de Monte-Cristo. Il se souvient des terribles prisons de la Terreur de Carrier, des risques pris pour approvisionner en armes et en fonds secrets l’Armée
Royale de Bretagne, du tragique débarquement de Quiberon, de ses évasions… Il a certainement la fierté et la satisfaction de constater que son engagement a été
enfin récompensé puisque, contre toute attente, les Bourbons ont retrouvé leur trône. Je ne suis pas surpris non plus que l’Amiral Warren ait apprécié si fort notre
bonhomme, efficace et déterminé, contrairement aux chefs français du débarquement de Quiberon qui fut saboté par leur pusillanimité et leur incompétence.
NB – j’ai appris à cette occasion que le débarquement de Quiberon et l’action de l’Armée Royale de Bretagne sous le Directoire avait pris le relais du
soulèvement vendéen de 1792 qui fut écrasé dans un contexte politique et géographique totalement différent de celui mené au Nord de la Loire par Cadoudal
notamment.
Il n’est donc pas étonnant que ce personnage respecté par tous les royalistes, et de surcroît maire de Rezé, ait obtenu pour le baptême de sa nièce Marie-
Hortense en 1810 le parrainage flatteur, mais aussi flatté, de la famille de Kersabiec. Les témoins à la naissance de Marie-Hortense étaient en effet Jean-François
Ertaud, Jean-Marie Sochian de Kersabiec, Maire de Pont St Martin une commune toute proche de Rezé et Nicola Anizon, ami de la famille, chirurgien à Nantes et
accoucheur de la mère. Le parrain et la marraine furent les deux aînés de Jean-Marie de Kersabiec : Styllitte (la future compagne d’infortune de la Duchesse de
Berry avait alors 11 ans), et son jeune frère Edouard. Curieusement c’est pour la sœur de Marie-Hortense née trois ans plus tard que sera adopté le prénom de
Stylitte ! On peut supposer que ce premier parrainage avait créé des liens étroits entre les familles Ertaud-Bessac et Kersabiec. 
La relation étroite qu’entretenait Jean-François Ertaud avec des membres éminents du parti royaliste local n’a donc rien de surprenant compte tenu de ses
états de service. Mais il y avait encore d’autres liens possibles avec la famille Kersabiec. Jean Augustin Joseph de Kersabiec, le frère de Jean-Marie et de Stylitte,
était officier de marine. Il prit part au combat de la Dominique sur la frégate Astra le 12 Avril 1781. L’Amérique libérée, c’est lui qui établit les plans du port et de la
Ville de Boston, travail pour lequel il fut récompensé par le sénat américain. (il y aurait sa statue?). Emigré, il participa au débarquement de Quiberon sous les ordres
du vice-amiral de Suzannet, ce même Suzannet qui se porte garant des mérites et des actions de Jean-François Ertaud. Plus tard Jean Augustin de Kersabiec, un pur
royaliste, sera nommé par l’administration impériale Maire de Doulon, une commune limitrophe de Nantes, comme Jean-François Ertaud le fut pour Rezé. 
Revenons maintenant à la Duchesse de Berry, et à son aventure rocambolesque qui se termina bien piteusement pour la duchesse arrêtée à Nantes le 7
Novembre 1832, trouvée enfumée derrière la cheminée de la pièce où elle se cachait depuis cinq mois en compagnie de Styllite de Kersabiec et de Achille Guibourg.
La duchesse Marie-Caroline de Berry, était la nièce de la reine Marie-Antoinette et la cousine germaine de “l’impératrice”Marie-Louise l’épouse de Napoléon. Elle
était la mère du duc de Bordeaux le seul héritier légitime de la couronne de France comme petit-fils de Charles X. Dés l'avènement en 1830 de Louis-Philippe
“l’usurpateur” la duchesse et les légitimistes décident de fomenter un complot pour le remplacer sur le trône par le duc de Bordeaux sous le nom de Henri V. C'est
dans la région de Nantes qu'elle trouve le meilleur soutien avec un comité animé par Achille Guibourg, les Sesmaisons, le comte Charles Sloc'han de Kersabiec un
vétéran des guerres de Vendée qui vit retiré sur ses terres à Pont St Martin, les de Monti de Rezé, une poignée d’anciens émigrés et de vieux chefs des guerres de
Vendée…et leurs enfants qui rêvent de nouveaux exploits. 
La troupe d’opérette de la duchesse est lamentablement écrasée et dispersée en Juin 1832. La duchesse traquée réussit à se réfugier à Nantes cachée en
paysanne où pendant cinq mois elle échappe à toutes les recherches. Finalement dénoncée au prix d’une très forte récompense elle est arrêtée et enfermée à la
forteresse de Blaye. C’est Stylitte de Kersabiec alors âgée de 33 ans qui l’accompagnera 24h/24 pendant sa fuite, dans sa cachette et pendant son transfert à la
forteresses de Blaye. 132 comploteurs de la région nantaise seront alors jugés et condamnés. Le comte de Monti de Rezé restera jusqu’à la fin de sa vie le plus fidèle
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