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matérialisée par une liasse de 150 feuilles manuscrites de grand format fourmillant d’informations inédites. On a découvert dans ces feuilles la copie d’une lettre
manuscrite détenue par un cousin Fruneau que Jean-François Ertaud avait adressée en 1815 à la Chancellerie de l’Ordre de St Louis. 
Dès le retour de Louis XVIII sur le trône il demandait le brevet (et la pension associée) confirmant la décoration qui lui avait été remise personnellement par
le Duc d’Artois, le futur Charles X , dix ans plus tôt lors du débarquement tragique de Quiberon.
“ Jean-François Ertaud - Département de la Loire Inférieure – Commune de Rezé.
Etats des services et de la conduite politique de Jean-François Ertaud de Rezé Chef de bataillon de l’Armée royale de Bretagne. 
1792 – Fut pour son attachement au Roi enfermé au Château de Nantes d’où il s’évada le 8 Septembre de la même année.
1794 – Fut conjointement avec Monsieur Leroux, commissionné par le Général Georges Cadoudal pour faire passer des dépêches en Angleterre, et en recevoir
ce qui lui était envoyé. Habita alternativement les isles de Houëdic et Houat, fut un des premiers à se réunir à M. Georges Cadoudal pour former le noyau de l’armée
dont celui-ci devint le Chef ; fut nommé Chef de Bataillon, envoyé aux escadres anglaises qui croisaient à hauteur de Belle-Isle, en reçut les premières munitions de
guerre pour l’armée.
1795 (*)– Fut employé avec dix chaloupes sous son commandement à la descente de Quiberon ; après la prise de possession de la presqu’île par les républicains à
l’établissement du quartier général de Monsieur le Comte de Puysaye à l’isle de Houat et revint à l’Isle de “Houedik” dont il eut le Gouvernement pour le roi ; fut
chargé autant que les ressources de l’isle le permettait de fournir à l’escadre de l’Amiral Warren, duquel il reçut souvent des marques de bienveillance, des vivres
fraîches après  avoir d’un commun accord avec le même amiral réservé pour les habitants ce qui leur était indispensable ; prit à l’abordage avec seulement huit
hommes un “paquebot” expédié pour Belle-Isle en Mer, monté d’un enseigne de vaisseau, de seize hommes d’équipage, armé de deux perriers et quatre espingolles , en
fit présent à l’Amiral Warren qui le nomma “Le Petit Chouan”, reçut des félicitations de plusieurs officiers de marine émigrés, particulièrement de Monsieur de
Vaugiraud ; eut le bonheur de recevoir dans son isle Monsieur le Comte d’Artois (**) qui l’autorisa à porter la Croix de Saint-Louis et le flatta de son souvenir ; fit
passer au continent tous les émigrés qui lui témoignèrent le désir de se joindre aux armées catholiques et royales. Avant de quitter la base de Quiberon, l’Amiral
Warren lui expédia deux avisos pour lui annoncer son départ et l’engagea à s’embarquer avec lui pour l’Angleterre, mais l’espérance qu’il lui donna que son
Gouvernement n’abandonnerait point les armées catholiques et royales le détermina à rester sur son rocher pour servir son prince.
1796 - Fut fait prisonnier, conduit à la citadelle de Belle-Isle en mer d’où il s’évada la veille du jour désigné pour le fusiller.
1797 – Fut commissionné par monsieur le baron de Suzannet, commissaire du Roy, pour la correspondance des armées de monsieur de Châtillon, de Suzannet et
d’Autichamp, eut le confiance des amiraux Keat et Pellow qu’il accompagnait toujours avec ses chaloupes et sous la protection desquelles il eut la satisfaction de
réussir dans tous les versements d’argents et d’effets militaires qui lui furent confiés. Reçut des amiraux et des généraux anglais Dowet et Maitland l’accueil le plus
flatteur et l’assurance de leur protection. Fut qualifié de “Petit Amiral breton” par les amiraux Keat et Pellow, les suivant avec sa petite escadrille sur tous les points
des côtes de Bretagne et du Poitou, où le besoin de service l’exigeait.
1798 à 1814 – Fut pillé en 1802, perdit tous ses papiers et eut beaucoup de peine à se soustraire lui-même aux recherches que l’on fit longtemps de sa
personne ; a été en surveillance constante jusqu’en 1808. Se trouvant habiter la Vendée, manifesta son attachement inviolable pour l’auguste famille des Bourbons.
Demande expédition du brevet de Chevalier de St Louis et la retraite de son grade.
Signé J-F Ertaud
Sous ses états de service est inscrit de la main du signataire Comte de Suzannet: “Je certifie que tous les faits ci-dessus sont à ma connaissance et que
monsieur Ertaud a constamment bien servi le Roy, qu’il a aussi employé tous ses moyens pour faire triompher les principes royalistes, et qu’il mérite la plus haute
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