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Plusieurs d’entre eux se retrouvent avec plaisir chaque année depuis quatre ans afin de partager leurs souvenirs familiaux … et leurs recherches généalogiques.
C’est ainsi qu’en réunissant des pièces détenues par chacun d’eux il a été possible de reconstituer le puzzle de l’histoire de Jean-François Ertaud et de retrouver au
passage l’origine du prénom Styllitte.
De mon côté j’avais trouvé sa trace dans le dossier d’armement d’un chasse-marée trentemousin  “Jeune Joseph” mis en service le 25 Avril 1832 ( ref Archives
Départementales de Loire-Atlantique 3 P 508 ) où il était signalé qu’à son décès sans postérité en 1840, les parts qu’il détenait dans ce navire avaient été héritées
par sa sœur Geneviève Ertaud. L’année 1832 est celle de la naissance de Joseph Jacob Lancelot, fils de Marie-Hortense Bessac et de Joseph Lancelot (fils de
François-Joseph Lancelot Maître au Cabotage). Les actionnaires de ce navire qui à cette époque étaient appelés “intéressés”  sont outre notre Jean-François Ertaud,
François-Joseph Lancelot, Pierre Lusseaux, Constructeur de navires à Chantenay, Charles Cormier, ouvrier raffineur, Félix Lancelot (Maître au Cabotage, deuxième
fils de François-Joseph), Pierre Dejoie, Epicier. Ce navire qui était en quelque sorte une affaire de famille sera vendu à Cardiff en 1863 ce qui marque une longévité
remarquable. N’en sachant pas plus j’avais émis l’hypothèse suivante: “au cours de ces époques troublées la communauté de marins, pêcheurs et contrebandiers qui
peuplait les Iles de Rezé, était capable d'assurer avec efficacité et discrétion des missions  clandestines de transport, de ravitaillement et de renseignement” . Je
ne croyais pas si bien dire comme on le verra par la suite.
Par ailleurs, Vincent Bugeaud, un jeune historien qui réalise actuellement une thèse sur la communauté de marins et de pêcheurs de Loire et de Sèvre, a
apporté de précieuses informations :“ Une petite précision tout d'abord : dans son interrogatoire du 16 juin 1792, il précise bien avoir reçu la tonsure. Il a fait ses
études chez le curé de Pont-Saint-Martin puis est entré au Séminaire à Nantes, "pour complaire à ses parents" dit-il. Toujours dans cet interrogatoire, Il ajoute
qu'en quittant le séminaire, "il y a environ deux ans", "il a quitté l'habit ecclésiastique", vraisemblablement du fait de la situation politique. Selon sa version, Il est
alors retourné chez sa mère à Trentemoult où il s'est (re) fait pêcheur. C'est durant sa formation qu'il s'est créé des liens avec des milieux nobiliaires
réactionnaires, qui vont lui valoir quelques soucis avec les autorités (c'est à la Caraterie, propriété des Cornulier (qui auront un rôle actif dans le complot de la
duchesse de Berry) qu'il a connu durant sa formation, qu'il est arrêté en 1792, avant la fuite en avant.
En jetant un oeil à sa succession, en 1840, on voit qu'il a laissé bien peu de biens meubles (140 F), mais cela n'a rien de forcément significatif sur ce qu'a été sa
fortune, il faut en effet tenir compte des éventuelles donations : c'est la succession d'un vieillard célibataire qui a eu le temps de voir la mort arriver. ll possède 1
146 F de biens immeubles (dont deux maisons à Trentemoult, le reste étant des terres à Rezé, dans les îles et à Bouguenais). Plus significatives sont les créances (15
383, 33 F), qui mettent en évidence des disponibilités financières conséquentes, mais peut-être trompeuses. Sur la liste électorale de 1836, il serait le 152e plus
imposé de Rezé (si l'identification du personnage est bonne), ce qui confirmerait son modeste train de vie, du moins à la fin de sa vie. Son activité d'armateur est
très réduite au moment de son décès. Il possède deux parts de navires : 3/16 dans le chasse-marée le Jeune-Joseph (1 000 F) et 1/24 dans le lougre la Céline (500
F). Il est armateur du Jeune-Joseph, armé au cabotage. Dont le capitaine est le aître au Cabotage Joseph Lancelot, père du jeune Joseph et l’époux de Marie-
Hortense Bessac la nièce d Jean-François Ertaud. ainsi que Louis-Jacob Bessac son beau-frère, 
Dans le passé, il avait été armateur de quelques autres bateaux, armés à la petite pêche : en 1809, il se déclare armateur d'une barge nommée L'Union dont le
patron est François-Joseph Lancelot, le père de Joseph Lancelot, marié avec une Marie-Madeleine Moreau puis à une Bessac ; en 1810, de la chaloupe La Vincente
dont le patron est le futur Maître au Cabotage Louis-Jacob Bessac ; en 1811, du chasse-marée L'Aimable Pacifique (en référence peut-être à Pierre-Pacifique Moreau
qui le commande) ; de plus, on le trouve parfois simple quirataire : par exemple il prend 2/24 dans une chaloupe en 1809 dont l'armateur est Sébastien Bertrand,
pilote lamaneur. Globalement son activité d'armateur apparaît mineure, notamment en comparaison des boulangers et marchands de vin des îles (les Noël Fruneau,
Sébastien  Cassard, Noël-Zacharie Lancelot...) et insignifiante à côté des poids lourds des îles (les constructeurs P-J. Lemerle et J. Chauvelon). Ce n'est pas avec
cette activité qu'il a pu s'enrichir ; je crois qu'il s'agissait avant tout pour lui, au travers de cette petite activité d'armement, "d'aider la famille".
C’est finalement un autre cousin, Claude Janeau, qui a versé au dossier les plus intéressantes pièces de ce puzzle lesquelles ont permis de tracer un portrait
complet du personnage. Adrien Janeau, le père de Claude, avait consacré plusieurs années de sa vie à étudier la généalogie et l’histoire de sa famille, une recherche
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