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Jean-François Ertaud " petit amiral breton" 1769-1840
Plusieurs descendants de familles Ertaud et Lancelot de Trentemoult s’interrogeaient sur l’origine du prénom rare d’une lointaine ancêtre, Stylitte Ertaud. Une
curiosité qui semble mal placée puisque ce village de marins connu pour l’originalité des prénoms les plus insolites données aux filles. Ce prénom était porté par
quelques femmes de la famille de Kersabiec, bien implantée dans la région nantaise. La légende familiale rapportait que ce prénom lui avait été donné effectivement
en souvenir de Styllite de Kersabiec qui avait accompagné la duchesse de Berry lors de sa rocambolesque tentative de soulèvement légitimiste dans le pays nantais en
1832. C’est un Ertaud qui aurait aidé la duchesse accompagnée de sa fidèle suivante à traverser clandestinement les marais de Goulaine, une explication qui semblait
satisfaisante “vue de loin”.
Mais l’examen des données généalogiques ne confirme pas la légende puisque l’épisode se situe en 1832 alors que Stylitte Ertaud née en 1813 avait déjà 19 ans.
Néanmoins cette légende n’est pas infondée puisqu’il y existe effectivement un lien entre ce prénom et la famille de Kersabiec. Mais il s’agit d’un lien plus ancien et
plus solide que celui d’une rencontre fortuite dans un marais et qui passe par un personnage énigmatique de la famille, Jean-François Ertaud.
Celui-ci est officiellement connu pour avoir été le maire de Rezé de 1807 à 1820, à cheval sur l’Empire et la Restauration.Yann Vince qui a rédigé l’histoire des
municipalités de Rezé nous en dit un peu plus sur le personnage. “Le nouveau maire nommé le 28 Août 1807 est originaire de Trentemoult. Jeune clerc tonsuré en
1791, il avait été mis en état d’arrestation avec les prêtres réfractaires…Il sera libéré avec un passeport pour l’Espagne. Avec la complicité des Trentemousins, il se
fera en fait embarquer pour l’île de Hoëdic (entre le Croisic et Belle-Ile). C’est un homme riche qui revint à Rezé en 1801 après avoir fait des “affaires” à
Hoëdic…Sous l’Empire, devenu maire, la police impériale demande au préfet de surveiller Ertaud soupçonné d’avoir hébergé un traître passé aux Anglais après avoir
gagné “une fortune considérable à Hoëdic en servant la correspondance ennemie”.
Il démissionne en 1820 à un moment crucial pour l'histoire locale, puisque Trentemoult s'apprêtait à faire sécession de Rezé, en prétextant qu'il ne peut pas
être juge comme maire et partie comme trentemousin. Il est alors remplacé par le comte de Monti de Rezé qui restera maire jusqu'à l'avènement de la Monarchie de
Juillet en 1830 et qui donnera à son tour sa démission en signe de protestation contre le nouveau régime qu'il exècre en tant que légitimiste pur et dur.
On sait par ailleurs que Jean-François Ertaud n’omettait jamais de signaler qu’il était Chevalier de l’Ordre de St Louis, un ordre prestigieux de l'Ancien Régime
(créé en 1693), rétabli en 1816 et définitivement aboli en 1830 par Louis-Philippe trop soucieux de prendre ses distances avec l'Ancien Régime. Cette décoration
n’était pas attribuée au premier venu. Il fallait avoir rendu des services éminents à la Royauté pour la mériter et même dans le Pays de Retz, une région très
attachée à la Monarchie, les titulaires de cette décoration étaient rares, c’était le cas du comte de Monti qui appartenait à la plus haute noblesse de la Cour. 
Jean-François Ertaud était donc à coup sûr un royaliste convaincu et il avait nécessairement des liens étroits avec les aristocrates légitimistes de la région
comme les Monti et les Kersabiec.  Notre cousine Suzanne Briand montre encore un verre provenant d’un service de cristal offert à notre homme par la famille
Bascher de Rezé en reconnaissance des services qu’il avait rendus à cette famille pendant la contre-Terreur. Elle savait aussi que son épée de Chevalier de St Louis
avait été détenue en dernier par Olivier Chauvelon, fils de Marie Virginie Lancelot et de Julien Chauvelon (le capitaine du “Belem”). 
Suzanne Briand raconte aussi que lorsque Jean-François Ertaud était prisonnier de la Terreur révolutionnaire il se faisait passer pour une simple d'esprit en
répondant imperturbablement à toutes les questions par un "Je ne comprends pas" dit en breton.
On ne sait très bien quelles étaient ses activités professionnelles puisque selon les actes Jean-François Ertaud est déclaré comme propriétaire, négociant ou
armateur. Qui était ce mystérieux personnage né en Novembre 1769 et décédé en 1840 sans postérité ?  Il était le frère de Geneviève Ertaud, épouse de Louis
Bessac, Patron de cabotage, tous deux parents de Marie-Hortense et Stylitte Bessac. Marie-Hortense a épousé Joseph Lancelot un Maître au Cabotage. Celle-ci est
l’ancêtre de nombreux contemporains Lancelot, Briand, Bureau, Chauvelon, Bessac. Sa sœur Stylitte a épousé elle aussi un Maître au Cabotage, Adrien Ertaud. Elle
est l’ancêtre de nombreux contemporains Ertaud, Bureau, Fruneau, Janeau, Sarradin, Bolo, Le Tilly, et l’auteur de ces lignes.
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