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1917 alors qu’il avait 7 ans. Son grand-père né en 1840 avait 8 ans à la fin du règne de Louis-Philippe… A tous les deux ils recouvrent 163 années de l’histoire maritime
de notre pays.
André Ertaud est le dernier maillon d’une lignée de plusieurs générations de Navigateurs trentemousins qui a traversé cinq siècles sur une période de 325
années, depuis le premier Ertaud Julien répertorié dans les registres d’Etat-civil de Rezé certainement pêcheur en passant par André (1713), pêcheur; par   (1757)
pêcheur et pilote ; par Sébastien (1787) Capitaine de navire ; par Adrien(1809) Capitaine au Cabotage ; par Gédéon (1840) capitaine-armateur ; par Fernand Cap-
hornier.
Notre cousin François Codet qui avait pu avoir un entretien avec André Ertaud deux jours avant sa disparition a lu le texte suivant lors de ses obsèques :
"André Ertaud a été l’héritier exemplaire de la tradition maritime de sa famille où se sont succédés sans interruption pendant plusieurs siècles : pêcheurs,
marins, pilotes, capitaines de navires, maîtres au cabotage, capitaines au long cours, armateurs. Il était né en effet dans une famille originaire de Trentemoult, une
île de l'Estuaire de la Loire juste en face du port de Nantes habitée depuis des siècles par une communauté de marins. Certaines familles de cette communauté – et
c’était le cas de la famille Ertaud - bénéficiaient d'un double privilège : le privilège de pêche dans l'Estuaire de la Loire, mais aussi le privilège rare et très convoité
d'exercer le métier de Monnayeur à l'Hôtel des Monnaies de Nantes. Son ancêtre direct, né sous Henri IV, qui s’appelait aussi André Ertaud était un très Honorable
Maître Monnayeur, et donc pour cette époque un technicien de haut niveau. André Ertaud conjuguera brillamment cette double vocation familiale.
André Ertaud est né en 1910 près de Trentemoult, à St Sébastien/Loire, dans la propriété de son grand-père, Capitaine au Long Cours et armateur, où il a
passé une partie de son enfance. C'est donc naturellement qu'après sa sortie dans tous les premiers de l'Ecole des Arts et Métiers de Paris il s'oriente vers une
carrière dans la Marine Nationale Sa formation technique lui permet d'être admis en 1931 à l'Ecole des Ingénieurs Mécaniciens de la Marine, à l’Ecole Navale située à
Brest, Après deux années passées en école, puis la campagne du croiseur école d’application "Jeanne d’Arc ", en 1933-34 il est ensuite affecté successivement :1- sur
le torpilleur "Bourrasque ", en 1934-35 2- sur le croiseur "Emile Bertin " de 1935 à 1938 3- à l’Ecole de Navigation sous-marine (ENSM) à Toulon, de mars à juillet
1938 4- sur le sous-marin "Souffleur " de août 1938 à avril 1940 5- puis de juillet 1941 à août 1942, sur le sous-marin "Actéon ".
Hors périodes d’embarquement il a été placé en Service à Terre à Toulon d’avril 1940 à juillet 1941. Au-delà de cette énumération impersonnelle il faut
rappeler que ce qu’a connu André Ertaud à cette époque ce sont des navires et des équipages. Le torpilleur Bourrasque appartenait à la série des 1500 tonnes.
Construit en 1926, il était déjà un peu ancien lorsque André Ertaud a navigué à son bord. Pendant cet embarquement il a fait escale à Boulogne-sur-mer avec le voilier
école argentin "Presidente Sarmiento ". En service depuis 1934, le croiseur léger mouilleur de mines "Emile Bertin " était l’un des navires les plus réussis de la marine
d’avant–guerre et l’un des plus rapides : 37,9 nœuds aux essais. A son bord André Ertaud ont effectué des missions en Afrique occidentale et en Amérique du sud.
L’un de ses commandants était le CV Auphan, l’un des plus brillants officiers de l’époque, qui deviendra Chef d’état-major de la marine sous le gouvernement de Vichy.
Construit en 1926 le sous-marin Souffleur était du type Requin. A son bord André Ertaud a navigué en Méditerranée orientale et en Mer rouge sous le
commandement du LV Bazoche. L’ Actéon appartenait à la série des 31 sous-marins océaniques de type Le Redoutable, dite des 1500 tonnes. Construit aux Chantiers
de la Loire à Nantes il était entré en service en 1931.Des quatre unités à bord desquelles André Ertaud a navigué seul le croiseur léger Emile Bertin aura une fin de
carrière heureuse. Les trois autres connaîtront des destins tragiques : le torpilleur "Bourrasque " est engagé dans l’opération Dynamo. Chargé de 600 hommes
embarqués à Dunkerque il sera coulé par des vedettes rapides allemandes, le 30 mai 1940, devant Nieuport. 6- le sous-marin "Souffleur " sera coulé le 25 juin 1941
par un sous-marin britannique au large de la Syrie, 7- et enfin le sous-marin "Actéon ", qu’André Ertaud n’a quitté que depuis quelques semaines, voire quelques jours,
va être coulé en Algérie en novembre 1942. De retour d’une mission en Afrique ce sous-marin arrive à Oran le 7 novembre avec le torpilleur "Tramontane " et le sous-
marin "Fresnel " pour regagner la métropole. Le 8 novembre c’est le débarquement britannique en Algérie, appelé par les alliés "Operation Torch ". L’Actéon reçoit
l’ordre d’intercepter les transports de troupes et cet ordre il va tenter de l’exécuter. Sous le commandement du CC Clavières il quitte le port à 3 h 45 et, le soir
même, vers 21 h, il est attaqué et coulé avec tout son équipage par l’escorteur britannique HMS Wescott. Sévèrement canonné par des croiseurs et ravagé par des
incendies, le torpilleur Tramontane s’échoue à proximité d’Oran; seul le Fresnel, endommagé, parviendra à regagner Toulon. A Alger, un cessez-le –feu a été ordonné
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