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interrogent l’avenir ?
Marin depuis toujours : M. François Bureau appartient à une famille de marins. Depuis toujours cette communauté familiale habitait Vertou qui était
alors un centre de recrutement pour notre marine à voiles… de rudes gars au demeurant qui savaient carguer une voile ou prendre un ris… Le père de F.
Bureau était Capitaine au Cabotage. Il disparut tragiquement avec son navire en 1846, dans le Golfe de Gascogne, ainsi que son fils aîné qui servait à bord
sous les ordres de son père. Le petit François, notre doyen aujourd’hui avait alors deux ans. Louis-Philippe régnait sur la France. Des deux frères de F.
Bureau, disparus depuis, le premier devint plus tard capitaine au Long Cours. Le second entra dans les ordres et professa au Séminaire des Couëts avant de
devenir vicaire de St Philbert de Grandlieu et curé de Couffé. M. F. Bureau avait donc de qui tenir. La mer avait pris son père et son frère aîné ; le cadet lui
avait consacré sa vie. Comment dans ces conditions le jeune François n’aurai-il pas été attiré irrésistiblement vers elle ? Tout enfant alors qu’il fréquentait
l’école communale de Vertou il manifestait déjà des goûts passionnés pour la navigation. C’est de là que dès 1855 il s’embarqua comme mousse sur un brick de
Nantes, le “Courrier de Marseille“ que commandait un de ses oncles. C’était un petit voilier que commandait un de ses oncles. C’était un voilier qui portait sept
hommes d’équipage, tous originaires de Vertou. Dès son arrivée à bord, le jeune François qui n’était alors âgé que de dix ans et demi fit ses premières armes
dans les focs et la brigantine. Puis le brick quitta le Quai de la Fosse pour les pays scandinaves. Le coeur du petit François battit très fort ce jour-là….
Premier voyage : On comprend que ce premier voyage – qui date de 86 ans – ait laissé dans l’esprit de M. Bureau des souvenirs impérissables.
Q -Qu’avez-vous retenu de ce contact avec la terre étrangère ? R – Ce qui m’a le plus frappé en arrivant en Suède c’est de voir des bateaux à aubes
mus par des femmes. Ces robustes marinières tournaient des manivelles, des sortes de treuils, pour actionner les roues à aube. Et les navires glissaient sur
les eaux du golfe comme si ils avaient été propulsés par la vapeur.
Q- La température de ce pays a dû vous surprendre un peu ? R – Oui ! car je n’étais alors qu’un enfant. Tout pour mois était merveilleux. Ainsi en
arrivant en Norvège je fut stupéfait de ne rencontrer aucun passant dans les rues. Les magasins étaient fermés bien que nous fussions en plein jour. J’eus
bientôt l’explication de ce phénomène. Il était onze heures du soir et nous étions à l’époque du soleil de minuit. C’était la nuit blanche nordique. Toute la
population était couchée. Le brick revint peu après à Nantes chargé de bois scandinave et s’amarra au Quai de la Fosse.
A ce propos, M. F. Bureau nous expose la très curieuse situation des équipages à cette époque lointaine. Les sept hommes du brick habitaient Vertou.
Mais en 1855 il existait que fort peu de moyens pour se rendre à cette localité. A pied avec des fardeaux et bagages. La chose n’était pas facile.
Heureusement il existait alors un cours d’eau qui prenait près des Chantiers, au pied du transbordeur actuel et débouchait en Loire en face de la Haute Ile,
après avoir traversé toute la Prairie au Duc. Il s’appelait le Fendi. Comme les marins de l’équipage devaient se rendre à Vertou pour y voir leurs familles et
porter au blanchissage le linge de bord.  Nous prenions de concert le canot du brick et par le Fendi, la Loire et la Sèvre nous remontions jusque chez nous.
Mais il fallait souquer dur sur les rames.
Après deux années de navigation maritime le jeune mousse s’engagea sur un bateau de plaisance “La Folie“ vapeur à roue à aubes qui sillonnait les eaux
de la baie de Bourgneuf. Ces croisières lui donnèrent le goût de la mécanique. Pour compléter ses connaissances professionnelles le jeune homme entra en
apprentissage chez un mécanicien puis devança l’appel de sa classe pour être affecté à la Marine Nationale. Quant il eut terminé ses sept années de service
militaire M. F. Bureau put choisir la carrière de ses rêves. Il fut agréé par la Cie Gle Transatlantique en qualité d’élève mécanicien. Une vie ardente et
prometteuse s’ouvrait devant M. F. Bureau. 
Sur le Panama et la Champagne : Le jeune élève mécanicien s’embarqua sur le panama, l’un des plus spacieux de l’époque, qui faisait la ligne St Nazaire-
Santander puis l’Amérique centrale. Hélas ! Le beau navire en séjournant dans le port espagnol fut poussé en travers par la marée et s’éventra sur les rocs. M.
F. Bureau participa au renflouement. A maintes reprises il plongea en scaphandre pour remettre le bâtiment à flot. Quelques semaines plus tard le Panama en
remorque faisait son entrée à Lorient.
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