Navigation bar
  Home Start Previous page
 76 of 113 
Next page End 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81  

Algérie. La CNNV sera l’un des tout premiers armements à se lancer dans l’aventure des navires à vapeur marchands au long cours !
Pour bénéficier de la loi de prime ils créent en 1894 la SA des Voiliers Nantais, compagnie qui s’illustrera dans l’exploitation de 12 voiliers cap horniers
construits entre 1894 et 1902 dont 4 de 2.500 T. et 6 de 3.100 T. Le premier Président de cette compagnie est un vertavien, Jean-Baptiste Lébeaupin
Capitaine au Long Cours. Il a navigué en Mer de Chine et est réputé pour avoir osé en 1875 revenir du Pacifique par le Cap Horn exploit rare pour les
Capitaines de sa génération  C’est le Capitaine Bachelier de Vertou qui commandera le “Général Mellinet“ le premier navire de la série et il effectuera un
voyage inaugural retentissant en reliant Swansea à San Francisco en 129 jours seulement. Ces sociétés ont donc été des pionniers de l’époque cap hornière.
Dans le même temps les actionnaires des Voiliers Nantais décident de créer de toute pièce un nouveau chantier naval, les Chantiers Nantais présidé par
le sénateur Henri Le Cour-Grandmaison où seront construits 28 voiliers cap horniers. Ce chantier occupait l'emplacement de l'actuelle centrale électrique de
Chantenay. Ils créent également en 1902 la Compagnie des Chargeurs de l'Ouest qui fera construire de 1903 à 1904 par les Chantiers Nantais des petits
navires à vapeur de 1200 et 2000 T de port en lourd qui sillonneront vaillamment toutes les mers du globe dans des conditions d’inconfort que l’on peut
imaginer : Australie, Madagascar, Indochine, Amérique du Sud. Deux cargos de cette compagnie, le “Henri Le Cour“ et le “Charles Le Cour“ seront torpillés au
cours du premier conflit mondial.
En 1913, c’est le début de la fin pour les cap horniers. Les Voiliers Nantais fusionnent avec les Chargeurs de l’Ouest toujours. En Octobre 1917 la
Compagnie Nantaise de Navigation à Vapeur, elle aussi chargée d'histoire, passe entre les mains de la Compagnie Générale Transatlantique et des Chargeurs
de l'Ouest. Quand la "Transat" se retire en Décembre 1937 la Nantaise de Navigation à Vapeur est absorbée par Les Chargeurs de l'Ouest sous la nouvelle
raison sociale de "Compagnie Nantaise des Chargeurs de l'Ouest" (CNCO). La compagnie s’installe alors dans son nouveau siège de la Place du Sanitat à
Nantes.
La CNCO fut la dernière compagnie de navigation d’origine nantaise. Pendant 80 ans la CNCO suivra les évolutions techniques et commerciales de la
marine marchande française et accompagnera sa longue agonie. Elle sera absorbée à son tour par la vénérable Compagnie des Messageries Maritimes qui
fusionnera en 1974 avec la non moins vénérable Compagnie Générale Transatlantique qui toutes deux sombreront piteusement quelques années plus tard!
Mémoires d’un marin de Vertou
Evidemment nous ne disposons d'aucun témoignage oral de cette époque. C'est ce qui fait l'intérêt de la transcription d'un entretien entre un
journaliste du Phare daté du 22 Décembre 1940 et François Bureau un navigateur originaire de Vertou alors âgé alors de 97 ans, né en Décembre 1844, fils
de Anne Richard et de Jean Bureau, dont la carrière est exemplaire. (NB – cet article a été retrouvé par Michel Kervarec).
“Moussaillon à 10 ans sur un brick, Chef Mécanicien sur les grands paquebots de la Transat, le père des Hirondelles de la Sèvre, un des doyens de notre
marine avec ses 97 ans a traversé quelque cent quatre-vingt quinze fois l’Atlantique.
Une personnalité nantaise bien connue. C’est lui qui créa le service des Hirondelles de la Sèvre il y près de cinquante ans, à une époque où il faisait bon
vivre dans la quiétude des jours heureux. Bien de l’eau a coulé sous les ponts de Vertou…Le seul titre qui évoque tant d’agréables promenades suffirait à nous
rendre François Bureau plus sympathique encore. Mais la création du service des Hirondelles et son exploitation ne constitueraient pour F. Bureau que les
occupations d’une fin de carrière pleinement accomplie.
Aujourd’hui M. Bureau se repose d’une vie ardente dans sa propriété de la Civelière, près du terminus des tramways de Sèvre. C’est là qu’il nous a fort
aimablement reçu. La conversation, la précision des souvenirs, l’affabilité enfin du doyen des marins français en font une personnalité extrêmement
attachante. Le récit de sa vie n’est qu’une longue suite d’efforts pour le mieux-être. Quel plus bel exemple pourrait on offrir aux jeunes générations qui
Previous page Top Next page