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La fin des marins nantais
On sait qu'à l’époque des cap-horniers, c'est-à-dire de 1894 à 1914 les marins nantais seront presque tous remplacés par des marins de Bretagne Nord
(Paimpol, Cancale, St Malo, Bréhat), du Morbihan et de Normandie qui forment alors la grande majorité des équipages. Ce que  le décrit le capitaine
d'armement d’un armateur nantais cap hornier (voir bibliographie). 
" Les équipages des Voiliers Nantais se composaient pour les trois quarts de Malouins. St Malo, Paramé, St Enogat, St Lunaire, St Briac ont fourni la
majorité des équipages des navires des Voiliers Nantais. Un quart seulement venait du Golfe du Morbihan; l'Ile aux Moines, Séné, Arradon. Composer un
équipage était une chose, l'acheminer jusqu'au voilier une autre. Si le voilier se trouvait à Liverpool ou à Glasgow, on expédiait les marins par le service St
Malo/Southampton de la South Western. Le train pour St Malo via Redon et Rennes partait alors de la gare de Chantenay, à 6 H. 20 du matin. Je vous laisse
le soin d'imaginer le détail des scènes illustrant ce départ. Les gendarmes jouaient en l'occurrence le rôle des remorqueurs qui conduisent les voiliers hors du
port. Ces remorqueurs, on les appelait effectivement ainsi, ne manquaient pas de questionner l'équipage lors du paiement des avances. Ils avaient, de plus,
l'habitude des endroits fréquentés par les marins. Pour rassembler tout le monde à la gare de Chantenay, en l'absence de tout moyen de transport, il fallait
s'y prendre de bonne heure. Vers 4 heures du matin, le ramassage commençait dans les boîtes du quai de la rue Fourcroy ou de la rue des Trois
Matelots...Renonçant au folklore, il prit l'habitude de rassembler les hommes à St Malo. Les Morbihannais n'en éprouvaient aucun dommage et les Malouins
épargnaient les frais d'un voyage. Tout se passait à St Malo, la visite médicale chez le Docteur Noury, le paiement des avances et l'établissement d'un rôle
provisoire à la marine. Le recrutement était facilité par les relations amicales que mon père avait nouées, notamment avec le Capitaine Bregeon de St Lunaire,
un collègue du Capitaine Cammartin, et en même temps le beau-père du Capitaine Briand, capitaine des Voiliers Nantais, Cap-Hornier, et qui fut, il y a encore
peu d'années, Commandant du Port de St Malo “.
Quand on examine les rôles d’équipages publiés par les Morrisseau sur leur site Internet (ref Bibliographie), on voit que ce mouvement a été amorcé
bien avant l’époque des cap horniers. Déjà en 1875 la majorité de l’équipage du Capitaine Morisseau venait du Morbihan et des Côtes du Nord.Toutefois
l’encadrement reste nantais pendant encore quelque temps. 
Un Capitaine cap-hornier trentemousin emblématique, le Capitaine Dejoie qui s’est illustré à plusieurs reprises pour avoir lancé des défis de vitesse à
des cap horniers britanniques en Mer de Chine et sur la route Portland -Usa/Queenstown-Irlande Sud où il réussira à battre de 84 heures son concurrent le
Penrose après 120 jours de navigation. Il fut aussi célèbre pour avoir gardé pendant 70 mois consécutifs le commandement de son navire, sans se faire
remplacer. Son épouse l’accompagnera à bord pendant 18 mois, ce qui n’était pas considéré comme étant de bon présage par ses marins.
De ce fait on ne compte souvent qu’un seul capitaine cap hornier dans chaque famille trentemousine de navigateurs: Boju, Dejoie, Bertrand, Lemerle,
Codet, Soulas, Codet, Bertrand. Contrairement aux deux ou trois générations précédentes. On sait que les fils des capitaines nantais ont déjà tourné la page
de la marine à voiles pour se diriger vers la marine mécanique ou militaire : marins et ingénieurs mécaniciens, officiers de marine. Ou vers des carrières
terrestres de négociants, professeurs, cadres de l’administration et de l’industrie. Progressivement ils quittent la région au hasard de leurs affectations…
oubliant progressivement leurs ancêtres navigateurs, leurs souvenirs et leurs tombes
                                                                                               * * *
Une compagnie de navigation d'origine vertavienne
Quelques vertaviens ont contribué à écrire une page de l’histoire de la marine marchande française. Les Lecour Grandmaison qui habitaient Vertou (il
existe toujours une rue Lecour à Vertou) étaient une famille d’armateurs de voiliers de commerce. Ils créent en Janvier 1882  (mois de naissance de Célestin
Gicquel) la Compagnie Nantaise de Navigation à Vapeur dont le siège est situé au 65 du Quai de la Fosse. Puis en 1885 c’est au tour de la Compagnie France-
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