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Ces maisons de capitaines ne sont jamais construites dans la campagne et pour cause … les femmes toujours seules s’y ennuieraient et il n’y a ni
exploitation agricole ni métayer à surveiller. Et bien entendu les capitaines en congé apprécient de retrouver l’animation des villages après tant de mois
passés en mer. Ces maisons sont implantées dans les villages en bord de rue et de préférence en bord de Loire ou de Sèvre. Tout autour se pressent les
maisons basses des marins, plus modestes et couvertes de tuiles. C'est typiquement l'aspect du village du Chêne et du bas du bourg de Vertou, mais aussi
bien sûr de Trentemoult où de nombreuses maisons de capitaines sont encore visibles, serrées les unes contre les autres, bien que de plus en plus défigurées
par les rénovations. 
A cette époque le visage de nos villages de marins se transforme et on voit pousser entre les maisons basses les belles maisons de capitaines toujours
plus nombreuses et spacieuses. Aujourd’hui personne ne serait capable de faire la différence entre une maison de notable "terrien" du Second Empire :
notaire, médecin et celle d’un capitaine. Mais les contemporains ne s’y trompaient pas et ils les reconnaissaient au premier coup d’œil avec leurs plantations
exotiques, leur style "contemporain", leur aspect flambant neuf "nouveau riche" sans la patine ni l’ancienneté de celles des notables du Bourg ou de la
campagne établis de longue date. Et on savait bien qu’au Chêne il n’y avait pas de notables autres que les capitaines. En cherchant bien on pourrait dénombrer
à Vertou plusieurs dizaines de ces maisons                                             qui pourraient nous raconter de bien belles histoires  de Navigateurs si elles pouvaient
parler. 
                                       Trentemoult – Maisons de Capitaines                                             Vertou - Maison de Jean Bureau
Vie quotidienne
Dans ces villages de bord de Sèvre on ne croisait que des femmes : épouses de marins en mer, veuves et orphelines de marins disparus. A l'exception
de quelques artisans et de quelques invalides ou marins en permission il ne restait plus aucun homme de plus de 12-13 ans puisque tous partaient comme
mousse dès cet âge. Toute l'activité était tournée vers la Sèvre : trafic fluvial, bateaux-lavoirs, chantiers de construction de navires, moulins, transports de
voyageurs. C'est par la Sèvre que revenaient les navigateurs tant attendus. Pour le plaisir de les retrouver, de les écouter raconter leurs aventures, mais
aussi de connaître "l'intéressement" qui faisait vivre tant de familles. C'est par la Sèvre qu'ils repartaient pour un nouvel embarquement accompagnés le plus
loin possible par leurs proches sur la chaloupe du départ.
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