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Bien entendu il était tout à fait inconcevable que des jeunes hommes de bonne famille puissent devenir marins. Lorsque le jeune Jules Verne tentera,
selon la légende, de s’embarquer à 14 ans sur un voilier en partance de Nantes son père partira vite le rattraper en prenant le vapeur de Paimboeuf. 
Les maladies d’origine pulmonaire et infectieuses, les maux de dent, le scorbut étaient fréquentes ainsi que les blessures graves au cours des
manœuvres et des manutentions. Affligé d’un douloureux panari qui l’empêche d’écrire Jean Bureau doit se faire remplacer pour cette tâche indispensable
par son cousin Pierre, matelot à bord. Ce cousin Pierre qui mourra en mer quelques années plus tard en mer d’une maladie cardio-pulmonaire.
Les disparitions en mer
Le métier de marin était le plus dangereux de tous : maladies, chutes mortelles, blessures graves, noyades guettaient à chaque instant les marins.
Comme en témoignent le récit de RH Dana, les vers du poète Victor Hugo ou les chansons populaires de marin :
Raconté par RH Dana : "Tout le monde sur le pont, un homme à la mer" …Il s'agissait de George Ballmer un jeune marin anglais …Il était grimpé dans le
gréement pour capeler à la pomme grand mât une estrope destinée aux drisses de la bonnette et il s'était accroché au cou l'estrope avec sa poulie  ainsi
qu'une glène de drisses et un épissoir …Il était tombé des gambes de revers de tribord mais il ne savait pas nager et, comme il était lourdement habillé et
lesté de tout l'équipement qu'il s'était accroché au cou, il avait probablement dû couler à pic…A terre quand quelqu'un meurt on accompagne sa dépouille
jusqu'à sa tombe; une pierre en marque l'emplacement… Mais en mer, un individu est près de vous, à votre côté, vous entendez sa voix, et l'instant d'après il
n'est plus là, et il n'y a plus rien qu'un vide pour accuser sa disparition. Sa couchette restera dorénavant vide dans le poste et il manquera toujours un homme
à l'appel de la bordée. Dans ces conditions, la mort, quand elle survient, acquiert quelque chose de particulièrement impressionnant, et l'équipage en reste
longtemps sous le coup…"
Imaginé par le poète Victor Hugo (Oceano Nox - Juillet 1836): “ Oh ! Combien de marins, combien de Capitaines - Qui sont partis joyeux pour des
courses lointaines - Dans ce morne horizon se sont évanouis - Combien ont disparu, dure et triste fortune - Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis - Vos veuves aux fronts blancs, lassées de vous attendre Parlent encore de vous en remuant la cendre  De leur foyer et
de leur cœur - … Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires? Oh flots que vous avez de lugubres histoires - Flots profonds redoutés des mères à
genoux. “
Ou encore popularisé par les chants de marins ( Les trois marins ) : “ Nous sommes deux nous étions trois- Nous étions trois marins de Groix  -Mon
matelot mon mousse et moi-  Embarqués sur le Saint François - Vint à venter grains de noroît - A faire céder notre mât  -Jean-Pierre, dis-je, matelot -
Serrer la toile qu’il nous faut  - Ce failli temps mollira pas  -Je prends la barre, vas-y mon gars -  Il est allé pour prendre un ris  -Un coup de mer l’aura
surpris -Au jour j’ai revu son sabot-  Il flottait seul là-bas sur l’eau - Il n’a laissé sur not’ bateau -  Qu’un vieux bonnet et son couteau - Plaignez mon pauvre
matelot  - Sa femme avec ses trois petiots.“
La liste des 140 marins de Trentemoult disparus en mer de 1849 à 1947 établie par un comité de familles de marins est l’illustration tragique des
dangers mortels des marins 
(3M = Trois-mâts, Bk = brick, BG = brick-goélette, G = Goélette, PCB = Perdu Corps et Biens)
1849 - JB Dejoie -3M Perpignan -  Perdu Corps et Biens 
1859 - P. Ordronneau - G Jeune Aglaé – PCB en Manche allant en Angleterre
1860 - L. Chauvelon -3M La Souvenance - Mort de la fièvre jaune à La Havane
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