Navigation bar
  Home Start Previous page
 66 of 113 
Next page End 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71  

amenant le hunier en douceur, pour lui faire élonger la vergue. 5 – Envoyer les hommes sur la vergue pour prendre les empointures; amarrer la têtière à la
filière, et un raban d'envergure entre deux; frapper les cargues et boulines, passer les écoutes et les palanquins dans leurs poulies, en faire le dormant au
bout de la vergue. Le hunier est envergué."
Correspondances
On est surpris par la densité des échanges épistolaires de ces capitaines avec leurs armateurs et leurs courtiers pour d’évidentes raisons
professionnelles, mais aussi avec leurs familles. Dans un monde aujourd’hui conquis par le téléphone fixe et mobile on imagine difficilement un monde où le
seul moyen de communiquer est le courrier manuscrit, lent et incertain. Cependant contrairement à ce que l’on pourrait craindre les délais d’acheminement du
courrier étaient alors étonnamment courts, car le rôle de la poste était alors vital. Par exemple une semaine seulement entre Hambourg et Nantes. 
Ces courriers sont importants pour des marins dont la vie se trouve constamment en danger. Quelle devait être l’angoisse des familles pour lesquelles
l’absence de courrier ne pouvait signifier qu’un mauvais présage. Et quel soulagement quand enfin une lettre arrivait. Le passage dans les villages de marins de
l’employé des Postes ne devait pas passer inaperçu. Chaque marin met donc son point d’honneur à expédier une lettre dès qu’il arrive à bon port ou en repart.
Il est vrai que les temps morts ne manquent pas à bord, quand le navire est sur rade, en attente d’un chargement, et où on a tout le temps nécessaire pour
écrire. Les femmes restées à terre ne savent pas toujours écrire. Elles ont alors recours à un voisin ou à un écrivain, comme Jeanne Bureau, la mère des trois
Capitaines Bureau. 
Toutes leurs lettres commencent par un long préambule ampoulé consacré à la bonne santé de l’expéditeur et à celle présumée du destinataire. Puis on
enchaîne sur les circonstances de la traversée, la mer, les vents. On passe aux pronostics de durée de déchargement. On évoque les incertitudes sur la
destination suivante ou les niveaux de fret. Jean Bureau, Capitaine Armateur qui doit rendre compte scrupuleusement de la gestion de son navire parle
beaucoup d’histoires de gros sous, de frets, de débours, de billets à ordre. Puis on évoque quelques potins. On donne des nouvelles d’un proche rencontré dans
un port ou dont on a reçu un courrier. Et généralement on termine par un leitmotiv qui exige du destinataire un accusé de réception sans délai.
Jean Bureau a pris la bonne habitude dès son premier embarquement de recopier dans un grand cahier les lettres qu’il adresse à ses correspondants :
armateur, courtier, agents, intéressés, cahier qui permet de suivre douze années de son activité de capitaine du brick “Le Georges “. Nous disposons par
ailleurs d’une bonne centaine de lettres professionnelles ou familiales écrites pendant la première moitié du XIXème par les cinq capitaines Bureau, mais pour
des raisons qui restent à éclaircir, aucune après 1860. Cette correspondance donne des renseignements précieux sur la vie quotidienne des navigateurs de la
marine à voile nantaise du début du XIXème
Un exemple de cette correspondance de Jean Bureau écrite de Vertou le 14 Janvier 1858: " Cher Bachelier ...Je t'écris ces quelques lignes pour te
donner de mes nouvelles et de ta famille. Ta bonne mère est bien ainsi que ta tante. Ton beau-frère a pris charge à Newport du fer pour Gênes...La glace a
pris depuis plusieurs jours dans notre rivière ... Les navires sont garés dans les Payés ( ?). C'est un plaisir de marcher car il n'y a pas de vase. Je voudrais
être chasseur pour me désennuyer, mais je n'envie pas ce métier et je m'ennuierais beaucoup du métier de rentier. Je crois que je me trouverai bien heureux
dès que je naviguerai... Notre cousin Perthuy est parti avec "La Clémence" voici quelques jours pour une île anglaise au nord de la Guadeloupe. Mon frère
Pierre doit arriver à Nantes en Février et Auguste a relevé de Singapour pour la mer de Chine, pour Siam. Lorsque tu m'écriras dis-moi si tu es content de
ton équipage."
De son côté Auguste Bureau écrit à sa mère de Singapour (le 5 Novembre 1857) : “ Vous espériez avoir mon frère (Jean)  pour faire vos vendanges.
Je lui recommande de nous garder à Pierre et à moi une bonne barrique de muscadet que nous aurons le plaisir de consommer à votre table et en votre
compagnie, car vous savez comme moi que mon frère et moi nous aimons le bon vin…Je suis en déchargement et je pense en avoir pour quinze jours ; et
Previous page Top Next page