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Les responsabilités
Les Maîtres au cabotage ne peuvent obtenir leur diplôme qu'à partir de 25 ans. Jean Bureau obtient immédiatement le commandement d'un navire se
retrouvant responsable du navire, des hommes et de la cargaison. Il doit prendre seul les initiatives car le courrier est trop lent pour attendre des
instructions de ses armateurs. Les qualités humaines et techniques d'un capitaine devaient être grandes pour qu'il puisse mener son navire, sa cargaison, son
équipage à bon port en prenant en toutes circonstances, souvent fâcheuses, les meilleures options de météo et de manoeuvre.
On reconnaît  sa maturité lorsqu'au cours de l'un de ses premiers voyages comme capitaine sa cargaison de blé chargée à Luçon arrive légèrement
avariée à Marseille. Il ne se laisse pas intimider par les reproches sous-entendus de son Armateur et glisse habilement que le transport maritime n'est pas
tenu à une obligation de résultats mais seulement de moyens et que ceux qu’il a mis en œuvre sont irréprochables. Il rappelle logiquement que son temps de
planche (=délai contractuel pour livrer la marchandise) a été respecté et que par conséquent c'est la qualité de la marchandise – et non le transport - qui est
en cause. Et il enchaîne : " Messieurs je ne pense pas que depuis que je commande le navire, malgré qu'il n'y a pas bien longtemps, je pense que vous n'avez
pas à vous plaindre de moi parce que tout ce que je fais je le fais pour le bien. Soit dans un port, soit à la mer, ce ne sera pas de ma faute car messieurs je ne
pense pas qu'il y ait un Maître au Cabotage ou un Capitaine au Long cours qui fait plus attention que moi à son navire. Aussi Messieurs quand le navire prend du
retard dans un port ça ne dépend pas de moi."
Les aléas de la météo
“LE“ problème de la marine à voile, c’est bien entendu sa sujétion aux aléas météorologiques. Les courriers de ces capitaines abondent de précisions sur
les vents favorables ou contraires rencontrés au cours de leurs traversées. Le 24 Août 1848, Jean Bureau écrit de Sunderland à ses armateurs : "Je suis
parti de St Nazaire le 8 Août... Ma traversée n'a pas été bien longue malgré les vents de bout que j'ai éprouvé à venir jusque dans le travers de Sunderland,
car le 20 j'y étais. Mai s'il est venu de grands vents de NO et j'ai été forcé de mettre à la cape pendant quelques heures, ce qui m'a fait perdre de la route,
et donc je n'ai pu rentrer que le 23. Messieurs je vous apprends avec plaisir que le navire est de bonne marche ordinaire et qu'il se comporte très bien à la
mer."
Une autre fois Jean Bureau a dû attendre pendant trois semaines en rade de Malaga une renverse de vent pour pouvoir passer le détroit de Gibraltar.
Il ne faut pas s'étonner si chacune des lettres de capitaines commencent rituellement par un commentaire sur les vents rencontrés au cours du voyage.
A l'époque qui est la nôtre ou le moindre retard de train ou d'avion nous exaspère on a du mal à imaginer quelle devait être la patience et la résignation
de nos marins dont la vie était rythmée par les alea et les caprices de la météo.
Vocabulaire
Sur ces voiliers, merveilles du génie inventif humain, chaque bout (cordage), chaque espar (vergue, bôme), chaque pièce de la charpente du navire
avait un nom bien précis, ce qui a donné naissance à un vocabulaire d'une incroyable richesse, quasiment perdu aujourd'hui. Un exemple, avec cette recette
pour changer un hunier endommagé : " Les huniers avant d'être mis dans la soute sont garnis de leurs rabans, garcettes de ris, branches de boulines, poulies
de palanquins, moques d'écoutes, et paquetés de manière à ce que toutes les cargues, boulines et écoutes puissent être frappées, sans être obligés de
déployer le hunier. 1 – Frapper une poulie sous l'avant des barres de perroquet pour y passer une petite aussière ou la guinderesse, de perroquet si elle est
bonne; envoyer le bout sur le pont en avant de la hune, dédoubler les palanquins et les allonger si nécessaire pour avoir les bouts en bas 2 – Placer le hunier
sur l'avant du mât, la tétière tournée du bon côté; frapper l'aussière sur le milieu,  les palanquins sur leurs pattes et un halebas pour le contretenir dans les
roulis. 3 – Ranger les hommes sur l'aussière, hisser le hunier presque à toucher les barres, en abraquant les palanquins. 4 – Peser vivement les palanquins en
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