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.Chaque navire représentait une bonne douzaine d’emplois directs et indirects. Les trente capitaines vertaviens employaient donc environ 400
personnes faisant vivre une communauté d’un ou deux milliers d’habitants, ce qui représente à peu près la population des villages du Chêne et de la Barbinière
et de quelques autres villages “maritimes” de la commune (la Chaussée, le Bourg, l’Angebardière, Portillon). C’est peut-être 20 % de la population de Vertou
qui vivait de l’activité “maritime“ avec des revenus – et une éducation - bien supérieurs. On peut donc penser qu'au XIXème, le poids économique des
navigateurs vertaviens était important.
La construction navale
Pour accompagner les importants besoins de transport maritime de la période de l’âge d’or il a fallu construire en quelques années plusieurs centaines
de navires à voiles de toute formes et dimensions ainsi que des gabarres et des allèges. La construction navale était prospère et même à Vertou on a
construit quelques navires de mer, dont un 3-mâts (ref Mme Simone Bouteiller – bibliographie).
Dans cette étude comme dans le livre du Cdt Lacroix consacré aux “ derniers voiliers caboteurs “ c’est le nom de Paul Doussain qui est le plus souvent
cité. Un premier Paul Doussain  (1820- ?) domicilié à l’Herbray a épousé une Pélagie Lefeuvre, union d’où naîtra Paul Doussain, né en 1848  qui épouse en 1872
Marie Reine Baudy, cousine germaine de mon grand-père maternel. Dans une correspondance datée de 1857 on apprend par exemple que le “cousin Perthuy “,
capitaine au Cabotage vient de passer commande d’un brick de 150 tonneaux à Paul Doussain.
On se rend aisément compte que la construction navale exigeait des compétences théoriques et pratiques et/ou de l’expérience, pour réaliser les
plans, les calculs complexes de poids et de stabilité, les devis, les descriptifs, les indispensables épures de géométrie descriptive tout récemment inventée
par Monge et ceci sans ordinateurs.  
Ce que résume bien le Contre-amiral Bellec : “ Un navire en route, un voilier surtout est soumis à des forces complexes, à des poussées, à des
résistances …La lecture d’un plan de navire, la compréhension de ses formes ne sont pas à la portée de l’observateur banal, fut-il érudit. La géométrie
descriptive dont elle relève est infiniment compliquée par un vocabulaire dont les termes ésotériques tels que bau, arcasse, galbord, râblure, bouchain, maître
couple, varangue, genou, allonge ou serre bauquière, n’invente pas à pénétrer dans un chantier de construction... Constructeur, capitaine, armateur savaient
tous quels avantages et inconvénients découleraient des compromis retenus pour favoriser l’emport, ou la vitesse, ou la maniabilité, ou la tenue de route aux
diverses allures, ou les conditions de travail à bord. Eventuellement au détriment de la stabilité, de la résistance à la mer, de l’assiette, du tirant d’eau, du
comportement dans le mauvais temps, des capacités d’échouage et de cent particularités potentielles …“
On peut imaginer que tout jeunes enfants nos futurs capitaines vertaviens acquéraient en partie ce savoir-faire sur les chantiers de leurs pères,
oncles ou cousins, contemplant le travail des charpentiers, leur posant mille questions, pesant le pour et le contre des options, regardant naître peu à peu la
coque d'un nouveau navire, et assistant à la fête du lancement en présence du capitaine et des "intéressés". L'architecture des bateaux n'avait plus de
secrets pour eux. Il leur restait malgré tout à acquérir la formation supérieure et théorique indispensable pour obtenir le diplôme tant convoité de capitaine.
Il fallait donc une formation d'un certain niveau pour exercer ces métiers liés à la mer.
Des patrons de PME
On ne retient aujourd'hui de cette navigation à voiles que quelques images nostalgiques de voiliers magnifiques, de cargaisons précieuses, de ports
exotiques. Le quotidien de nos navigateurs était moins rose mais il exigeait de ses capitaines des qualités humaines hors du commun. . Les capitaines n'étaient
pas que des "conducteurs" de navire comme le sont devenus les capitaines de navires actuels. Ce qui n’est déjà pas simple. Ils devaient être également, et
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