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A Madame Veuve Bureau au village de la Barbinière à Vertoux
Du Havre de la Cramaillère, le 11 Août 1822,
Ma Chère Mère,
J'ai reçu votre lettre & j'ai appris avec plaisir que vous étiez en bonne santé.
Je n'ai pas été insensible au souvenir de parents que je chéris. Je les en remercie et
puis les assurer qu'ils sont payés de retour. Vous savez que je suis sur l'Adélaïde, et
vous saurez qu'elle ne me ramènera pas; Elle va d'ici tout droit à Nantes décharger
sa morue & prendra de suite une cargaison pour Cayenne. Je ne suis pas sans
regretter à vous dire vrai, de ne pas m'en aller avec elle. D'abord parce que cela
m'eut procuré le plaisir de vous embrasser ma chère mère, ainsi que mon frère et sa
femme & ensuite parce que les voyages à Cayenne sont des voyages avantageux. &
d'autant plus que le climat en est très sain. Mais à Terre-Neuve notre Commodore
ne trouve pas des gens de notre état en trop grand nombre & il n'en laisse partir
aucun. Ainsi je me vois condamné à rester & sans savoir jusqu'à quand. Dans le
prochain mois on armera "La Caroline" & "Le Superbe". Partirai-je dans l'un des deux
? Je l'ignore entièrement mais si ni l'un  ni l'autre ne m'emmène il faudra bien que "
La Pauline" se charge de moi ; et alors j'aurai le plaisir de faire route avec l'ami
Porchay. 
Nous avons ici  "Le Jean-Baptiste" qui nous est arrivé il y a trois semaines. Il
doit aller à Cayenne en partant d'ici ; m'enverra-t-on dessus ? Je n'en sais rien. Le
bruit court que son cambusier doit être changé & moi je me permets d'espérer que
je le remplacerai. Est-ce avec raison ou à tort ? C'est ce la suite m'apprendra. Car
jusqu'à présent je n'ai rien qui me fonde à penser que j'irais dessus. 
Je finis ma chère mère en vous embrassant de tout mon cœur & vous priant
d'agréer les sentiments respectueux avec lesquels je suis votre affectionné fils.
J'embrasse mon frère et sa femme de tout mon cœur. Je me porte toujours bien &
vous souhaite à tous une bonne santé. Adieu ma chère mère. Je vous embrasse
encore une fois. Adieu."
Signé Pierre Bureau
Les cinq cousins capitaines
 
Jeanne et Jean ont eu de leur côté trois fils, tous capitaines : Jean, né en 1823, Pierre, né en 1825 et Auguste né en 1830. Avec les fils de Marie, Pierre et
Théodore ce sont cinq cousins germains, tous capitaines, enfants de frères et soeurs et qui ont les mêmes oncles, les mêmes tantes et les mêmes aïeux. On peut
imaginer qu’ils ont de nombreux traits communs physiques et mentaux. Ils sont du même village. Ils font le même métier. Ils sont de la même génération, 8 ans
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