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Par ailleurs j’ai lu quelque part que en 1868 600 navires étaient armés à Nantes, représentant un tonnage total de 1 200 000 T soit un tonnage moyen
de 200T typique de celui d’un gros  brick. Ces chiffres sont confirmés par une analyse précise de la flotte nantaise réalisée pour l’année 1847 à l’aide d’un
“Annuaire de Nantes et du département de l’année 1847”, un document possédé par l’AGV (Association de Généalogie de Vertou). Pour ce qui nous intéresse
cet annuaire donne la liste des négociants, des armateurs, des assureurs maritimes, des chantiers de construction navale du port, des 270 Capitaines au Long
Cours habitant Nantes … et des 280 “Bâtiments expédiés au long cours pour le Port de Nantes”, avec pour chaque navire son type, son tonnage et son
armateur.
En analysant cette liste de navires et en la rapprochant de celle de l’ ADLA pour la même année on peut tirer plusieurs enseignements. La comparaison
des deux listes montre que 130 de ces 280 navires n’ont pas de dossier aux ADLA. Ou bien ces navires n’ont pas été immatriculés à Nantes ou bien leurs
dossiers sont manquants ! (la principale raison de cette absence serait la suivante : lorsque un navire est vendu hors de Nantes, son dossier est muté dans le
nouveau port d’immatriculation). 
En combinant la liste de l’Annuaire et celle des ADLA on peut établir la liste nominative des 530 navires “nantais”.  Ce nombre doit être majoré pour
tenir compte des navires de cabotage immatriculés ailleurs ou dont les dossiers manquants. On arrive ainsi à un nombre de “grands” navires de l’ordre de 600.
Cette liste de navires au long cours ignore par définition les navires utilisés au cabotage, petits navires pour le cabotage national et navires moyens
pour le cabotage international. Le tableau suivant est le résultat de l’analyse de la flotte immatriculée à Nantes et donc ayant un dossier aux ADLA. Il montre
que sur l’ensemble du XIXème la proportion des 3-mâts n’est de 25%. Presque tous les autres navires, moyens, petits ou très petits étaient donc employés
pour le cabotage, pour lesquels le Capitaine devait être titulaire d’un brevet de Maître au Cabotage. On comprend ainsi pourquoi il y en avait un si grand
nombre à Nantes et autour de Nantes, spécialement à Trentemoult, Vertou et Indre.
De la même manière la liste des Cap au Long Cours donnée dans l’annuaire nantais de 1847 ne comprend pas les nombreux Maîtres au Cabotage de la
Sévre et de l’estuaire de la Loire. Nos histoires familiales permettent d’en identifier beaucoup, on pourrait aussi les compter à partir des fascicules
matricules de l’Inscription maritime.  Vincent Bugeaud, un historien-chercheur qui connaît particulièrement bien ces populations a retrouvé un document qui
liste nominativement les 115 Maîtres au Cabotage de Trentemoult, lesquels ont créé en 1851 une société mutuelle d’assurance maritime. On dispose ainsi de
270 + 115 = 385 noms de capitaines nantais en plein milieu du XIXème. A ce nombre il faudrait ajouter une bonne centaine de noms de capitaines issus de
Vertou, d’Indre, de Bouguenais, du Pellerin, de Brière. Soit une estimation de 500 capitaines, un nombre homogène avec celui du nombre de navires.
Pour avoir une idée complète de la population maritime de Nantes il faudrait prendre en compte également les capitaines des régions côtières du
département (Pays de Retz, Brière, Pays blanc, …). 
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