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maîtriser – tant bien que mal – cette cathédrale d’acier et de toile de dimension surhumaine qui peut filer à 18 nœuds, aussi vite qu’un cargo moderne.
Ces grands voiliers sont très difficiles à manœuvrer, et plusieurs iront se fracasser ou s'échouer sur les écueils. A ceci s'ajoute le fait que
transportant des pondéreux le risque de désarrimage de la cargaison est élevé. Pour des raisons évidentes de manoeuvrabilité leur voilure sera démultipliée
en augmentant le nombre de mâts, et en augmentant le nombre de voiles pour chaque mât, jusqu'à six pour un 4-mâts barque typique de cette marine à voiles.
Les cap-horniers seront construits à une époque tardive, entre 1900 et 1910 pour la majorité d'entre eux et auront tous une coque métallique, ainsi
qu'une partie de leur mâture et de leur gréement. L’âge d'or de la marine en bois est définitivement terminé.
Maîtres au Cabotage et Capitaines au Long Cours
Les navires de mer étaient commandés, on pourrait dire dirigés, par un capitaine qui devait disposer d'une solide formation pratique, sanctionnée par
un diplôme soit de Capitaine au Long Cours, soit de Maître au cabotage. Ce diplôme était nécessaire mais pas suffisant pour pouvoir commander. Hier comme
aujourd'hui les titulaires d'un diplôme de Capitaine n'obtenaient pas tous un commandement. Fallait-il trouver un armateur qui accepte de leur confier son
navire ! Ils pouvaient être contraints de rester longtemps second ou troisième capitaine.
Un Maître au Cabotage n'était pas habilité à conduire son navire en dehors des mers considérées comme européennes : Manche, Mer du Nord,
Baltique et Méditerranée. On distinguait le petit cabotage où le navire restait dans la même mer en longeant les côtes, “de cap en cap “ et le grand cabotage
où le navire pouvait naviguer sur toutes les mers d'Europe de St Petersbourg à Athènes en passant par Alger. Parfois le navire pouvait passer du grand
cabotage au cabotage transatlantique pour aller toucher les îles d'Amérique : Terre-neuve, St Domingue, Cuba, les Antilles. Seuls les capitaines au Long Cours
étaient habilités à commander un navire sur toutes les mers du globe. En pratique les navires utilisés pour le long cours et le cabotage étaient souvent les
mêmes. La formation théorique de capitaine au Long Cours impliquait la maîtrise de la navigation astronomique, technique encore toute récente, ce qui
nécessitait des études longues et difficiles. 
A Vertou comme à Trentemoult il y avait au début du XIXème beaucoup plus de maîtres au cabotage que de capitaines au long cours. Ce qui confirme
bien le rôle prépondérant des transports intra-européens dans l'activité maritime de la flotte nantaise. Cette prééminence diminuera progressivement au fil
des années.
Capitaines et Commandants
Le moment est venu d'aborder un sujet délicat : quelle différence y a-t-il entre un Capitaine et un Commandant ? La réponse n'est pas simple, même
pour un marin, en raison de l'infinie variété de navires et de situations pour ceux qui y travaillent, mais aussi pour de simple raisons sémantiques : le
substantif Commandant peut se décliner en verbe (il commande) et en adjectif (commandé) contrairement à Capitaine, ce qui donne ce genre de phrase : "L’an
1904, le 7 octobre, devant nous a comparu le sieur B. Codet, capitaine, commandant le trois-mâts "Le Carbet", lequel a déclaré ce qui suit...". I
1 - De façon générale, le terme de Capitaine est plutôt en usage dans la marine marchande et celui de Commandant plutôt dans la marine militaire :
Mais Capitaine est aussi le terme juridique utilisé en droit maritime pour désigner le responsable d’un navire, quel que soit son diplôme ou ses
qualifications et quelle que soit la taille ou la fonction du navire. 
Il se réfère également au diplôme acquis par les marins qui atteste en premier lieu de leur aptitude à effectuer le quart en chef sur un navire donné
dans des conditions de navigation définies puis à en exercer le commandement, selon le choix de l'armateur : capitaine au long cours ou maître au cabotage
(ou aussi patron) devenu capitaine de la marine marchande sur les navires à propulsion mécanique. Il convient de souligner que, dans la marine marchande, une
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