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Torpillage de l’Amiral Magon
Revenons sur ce naufrage dont le contexte militaire est le suivant. Pendant la Première Guerre mondiale. Après l'occupation de la Serbie et de l'Albanie par
les troupes allemandes et austro-hongroises, les pays alliés (France, Grande-Bretagne, Serbie, Grèce et Italie) vont décider de maintenir un front solide aux
frontières nord de la Grèce, plus précisément sur le golfe de Salonique. Le repli des troupes qui s'achèvera en janvier 1916 sur Thessalonique, va alors former le
noyau de l'Armée Alliée d'Orient. Le 12 octobre 1915, sont débarquées à Salonique les deux premières divisions françaises et une division anglaise, sous le
commandement du Général Sarrail pour porter secours à l'armée serbe. 
L'approvisionnement de ce corps expéditionnaire, devenu L’Armée d’Orient, n'est pas sans rencontrer de problèmes.Au travers d'une chaîne logistique lente
et complexe, il faut importer de France du matériel pour Salonique, dans un contexte politique devenu plus que difficile, (batailles de Verdun, de la Somme, du
Chemin des Dames). La route à travers la Méditerranée jusqu'à Salonique, n'est pas non plus dénuée de risques, le voyage d'une durée d'environ 8 jours se
déroulant le plus souvent sous la menace omniprésente des mines et des sous-marins. 
Sur le front, les conditions de vie sont incroyablement pénibles. La chaleur de l'été est insupportable, et le froid de l'hiver plonge les hommes dans une
profonde souffrance morale et physique. Les ravitaillements sont irréguliers, et le matériel s'avère inadapté pour ce genre de région. Les hommes meurent non
seulement de froid, mais de maladie également. Le paludisme s'installe, la plupart des soldats sont contaminés. 
Prés de six cent mille hommes, dont trois cent mille français sont engagés, Après l’armistice l'armée alliée doit prendre position sur le front sud de la Russie
en Roumanie, contre les bolcheviks. Son rapatriement ne débutera que fin mars 1919, et ne s’achèvera qu’en Août, 10 mois après l'armistice du 11 novembre 1918. 70
000 soldats français ne rentreront jamais.
Le torpillage du transport de troupes “Amiral Magon” en route pour Salonique en Janvier 1917 a eu comme témoin Célestin Gicquel qui en a fait un récit
destiné m’a-t-on dit à être lu pendant les messes pour faire partager aux vertaviens les souffrances endurées par leurs combattants, soldats et marins. 
“ A bord de l’Arc – le 26 Janvier 1917
  Notre nouvelle campagne est mouvementée pour son début; j’espère que  cela se calmera petit à petit. Mercredi dernier de grand matin, nous avons pris au
large de Malte un convoi de 2 bateaux chargés de troupes, de chevaux et de matériel. Toute la journée de mercredi et la matinée du Jeudi cela s’est bien passé;
nous étions, comme de coutume, en route devant les bateaux à environ 800 mètres; nous nous mettions à table quand un coup de sifflet parti de l’un des cargos nous
a tout fait laisser; en hâte nous sommes montés sur le pont nous doutant bien de ce qui arrivait: un sous marin était là. En effet à peine arrivé sur le pont je vis
l’explosion à babord arrière de “L’Amiral Magon”; le bateau s’enfonçait lentement pendant que nous courions dans la direction d’où était venue la torpille. Pendant ce
temps on signalait à “La Pampa” qui était derrière de continuer sa route. Tout cela a pris quelques minutes; “l’Amiral Magon” s’enfonçait lentement par l’arrière et un
moment j’eus l’espoir qu’il pourrait flotter assez longtemps; mais à un certain moment l’eau s’engouffrant à l’arrière fit lever le nez du bateau qui se dressa
verticalement pour couler rapidement debout.
Tout cela entre l’explosion et l’engloutissement avait duré environ 14 minutes; entre temps 963 soldats et environ 80 hommes d’équipage de bord avaient
réussi à mettre les embarcations et les radeaux à la mer; nous nous rapprochions de l’endroit où le bateau avait coulé en mettant nos embarcations à la mer; il y eut
là un moment critique: nous étions stoppés avec une embarcation de chaque bord, plus guère moyen de bouger, quand à 30 ou 40 mètres de l’avant un peu par babord
on vit très distinctement le périscope du sous-marin; il fut canonné mais il était trop près du bord pour qu’il fut possible de l’atteindre; malgré tout nos obus(
disposés pour éclater sous l’eau) ont dû lui donner à réfléchir.
Sous la menace de le voir reparaître; il a fallu organiser le sauvetage des gens, en manoeuvrant pour éviter les radeaux, les hommes accrochés à des planches;
avec cela une forte houle nous gênait pour tout; l’aspect de la mer était sinistre; partout des débris, des radeaux, des hommes, des mulets. Quand nous passions
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