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contraint de revenir habiter avec sa famille chez ses parents à Assérac La parenthèse du séjour à Assérac a été particulièrement pénible pour Ernestine qui doit
cohabiter plutôt mal que bien avec ses beaux-frères dans la maison familiale des Le Tilly juste à l’entrée du bourg Assérac sur la route de Guérande. 
Ma grand-mère en a gardé un souvenir d’enfant qui l’a marqué : celui de son père retirant ses sabots avant de monter à l’étage pour emprunter de l’argent à sa
mère, laquelle lui faisait à chaque fois la même remarque : “ Attention il faudra un jour que tu le rembourses à tes frères cet argent “. Effectivement, dès le décès
de sa mère, ayant déjà dépensé sa part d’héritage il sera poliment poussé dehors avec sa progéniture. D’où un retour sans gloire à Vertou  pour s’installer au Chêne
dans la maison de Jean Bureau. A défaut d’offrir à son épouse prospérité et bonheur il la dotera d’une abondante progéniture de 9 enfants qu’elle aura beaucoup de
mal à élever convenablement.Avec Ernestine, fille unique, la tradition maritime de la famille se perd pendant une génération et la famille Bureau sautera la case Cap
hornier pour passer directement à la case “Marine Nationale“. Trois de ses quatre fils porteront le pompon ou la casquette de la Marine Nationale tandis que sa fille
épousera un artisan-peintre !Mais cela c'est une autre histoire !
Les marins mécaniciens
Ernest Le Tilly, le fils aîné de Ernestine (1890-) après une formation à Toulon deviendra Officier mécanicien de Marine nationale puis marchande. Son fils
Gaëtan Le Tilly épouse à Vertou Jeannine Bureau, comme indiqué précédemment.
Jeanne Le Tilly sa fille aînée (1887-1976) épousera Célestin Gicquel (1882-1934) un Ingénieur des Arts&Métiers originaire de la Barbinière qui effectuera
une carrière d’ Ingénieur Mécanicien de la Marine Nationale puis d’Ingénieur à la Direction Technique des Messageries Maritimes. Ils n’auront qu’une fille unique,
Jeanne Gicquel. Ses deux grands-pères sont marins mais son père, plâtrier, est vraisemblablement empêché de devenir marin pour une quelconque infirmité
physique (pour être marin il faut avoir bon pied, bon œil et une santé de fer). Q’importe, Célestin assurera la relève.  Nous verrons plus loin dans quelles conditions.
Il décède prématurément d’un accident cardiaque à l’âge de 52 ans. Son épouse et sa fille Jeanne décident de revenir vivre au Chêne.
Sa fille unique Jeanne épousera quelque temps plus tard un Artisan-peintre de Vertou, René Leroy, union d’où naîtra Arlette et l’auteur de ces lignes Xavier
Leroy né au Chêne dans cette maison chargée de souvenirs qui fut celle de Marie Bureau et où ont habité sept générations successives de Bureau-Le Tilly-Gicquel.
Elle avait été construite en 1832 par Marie Bureau bien avant la mode des imposantes maisons de Capitaine du Second Empire. Fidèle à la tradition maritime et
élevé dans son respect, mais peu tenté par une carrière de navigant, je me dirige vers les études d’Ingénieur à la vénérable Ecole du Génie Maritime créée en 1765
pour former les ingénieurs et les cadres de la construction navale civile et militaire. 
Après l'Arsenal de Brest et le Port de Dunkerque je rejoins de 1972 à 1975 la Direction de la  Cie Gle Transatlantique à une époque cruciale pour son avenir
puisque dans ce bref espace de trois années la Compagnie va être bouleversée de fond en comble et va se préparer pour ses derniers jours. La Compagnie abandonne
définitivement et non sans douleur sa prestigieuse et centenaire activité de transports de passagers en arrêtant brutalement l’exploitation de
?France? son fleuron
ruineux. Pendant ces mêmes trois années la révolution du transport maritime avec l’arrivée du conteneur (le remplaçant de notre vieux tonneau !) bouleverse toutes
les cartes techniques et commerciales du transport maritime de marchandises. De nombreuses options stratégiques et techniques doivent être prises dans ces
moments difficiles. Au cours de ces mêmes trois années la Transat fusionne tant bien que mal avec sa compagnie sœur des Messageries Maritimes pour former la
Compagnie Générale Maritime qui amorce alors une spirale inexorable de déclin, prouvant une fois de plus que ce n’est pas en mettant deux malades dans un même lit
qu’on fait un bien portant. Et, cerise sur le gâteau, alors que pour traverser ces trois années semées d’écueils il aurait fallu à la barre de la Compagnie un Capitaine
sachant naviguer, on a vu défiler à sa tête trois Présidents en trois ans tous auusi incompétents les uns que les autres…. dans le domaine maritime bien entendu,
encore que  pour les autres on peut s'interroger ?
A la génération suivante, l’actuelle, mon fils aîné maintiendra en pointillé la tradition de la famille en accomplissant son service national comme Officier de
Quart de la Marine Nationale, puis en exerçant ses talents dans le secteur de l’exploration pétrolière des fonds marins. Ainsi s’achève une tradition “nautique“
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