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notre jeune capitaine Bureau fait la sourde oreille ? On a la réponse par un nouveau courrier du 27 Octobre 1853 qui relance la sujet mais de manière plus explicite
:" Nous vous avons déjà entretenus de notre désir de vous voir abandonner la navigation de grand cabotage pour celle du long cours qui permettrait d'utiliser votre
navire plus avantageusement. Nous insistons de nouveau sur ce point, récapitulation faite …Et là il lui énumère les avantages de cette option : " (illisible) … notre
brig le St Nazaire que nous avons acheté pour le Capitaine Orjuben ( ?) que nous attendons chaque jour au Havre de retour de la Havane. Ce navire d'un port en
lourd de 200 tonneaux nous aura fait en 4 mois 28000 F de fret. Les frais de la Havane et d'Angleterre sont de 4500 F. C'est donc 23500 F qui reviennent au
navire sous déduction des frais de navigation. Votre navire porterait au moins 150 tonnes en sucres et même d'avantage. Les frets pour aller aux Antilles et retour
de la Havane sont demandés de tous côtés à 110 F." Et il menace presque : " la seule ligne importante qui nous restait est celle de Nantes à Marseille va nous être
enlevée par une compagnie de vapeurs qui fait construire des navires de 300 à 500 tonneaux dédiés à cette navigation. Nous ne saurions donc trop insister dans
votre intérêt particulier comme dans celui de vos intéressés pour vous engager à ne pas différer trop longtemps. Vous pourriez associer votre frère comme
"porteur d'expédition" et ce dernier pourrait acquérir dans de bonnes conditions les intérêts des fournisseurs. Voyez à en causer avec lui. Quant à nous vous pouvez
compter que nous vous aiderons dans notre nouvelle navigation…" Plus tard, c’est son Courtier M. Denis, (entre temps il est devenu Capitaine Armateur) : " A votre
retour à Nantes trouverez vous moyen de filer dans la Méditerranée ? Les frets sont assez bons maintenant, mais ne tomberont-ils pas ? Enfin vous avez la barre
en mains, à vous de gouverner ! Ne manquez pas de nous faire connaître le parti que vous aurez pris ". 
Ses difficultés prénuptiales vont le pousser à faire le saut.  La navigation vers Cuba et les Antilles longue et pénible l’éloignera pendant de longs mois de
Vertou, mais sa persévérance finira par payer et Jean Bureau épousera Ernestine en 1860 (le 20 Décembre)… trois ans et demi après sa  première demande en
mariage. Les dates des factures de ses achats en vue du mariage montrent qu’il trouvera tout juste le temps d’acheter en catastrophe quelques jours avant la
cérémonie son costume, ses chaussures de marié et les bijoux de la mariée. Mission accomplie, Ouf ! Mais on verra plus loin que Ernestine avait peut-être des
raisons plus intimes pour accepter enfin la proposition de mariage de Jean Bureau !
Citons comme exemple des contrariétés nuptiales des jeunes capitaines celui de Armand Cammartin, Capitaine au Long Cours originaire de la Chapelle Basse
Mer. Il a 26 ans quand il rentre à St Nazaire d’un voyage aux Antilles comme second Capitaine et se fiance. Son armateur lui propose alors de refaire un second
voyage aux Antilles mais cette fois-ci comme Commandant. Cela ne se refuse pas, il pourra se marier dès son retour qui plus est paré du titre de Commandant. Ce
voyage qui s’annonçait court durera plus de quatre ans à travers l’Atlantique Sud et les Mers de Chine. Sa fiancée-Pénélope attendra patiemment son Capitaine-
Ulysse et ils finiront par se marier. 
                     
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