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(belle promotion, il n'est que Maître au Cabotage), frère de l’époux, Louis-Désiré Joubert, Capitaine au LC, non parent, Julien-Jacob Lancelot, Maître au Cabotage
et Noël Raphaël Bertrand, Constructeur de Navires. ”. C'est le Bertrand des chantiers bien connus Bertrand-Boju. Son fils Noël épousera Marie Lancelot la soeur
de Hortense. Selon toute vraisemblance Pierre avait fait à Nantes ses études de Capitaine au Long Cours en compagnie de Raphaël Lancelot, autre cousin germain de
Hortense fils de l’oncle Pacifique Lancelot, Capitaine au cabotage.”
Un an plus tard Jean Bureau fait demander la main de Ernestine à la famille Ertaud par l’intermédiaire de Hortense Lancelot. Mais ce n’est que fin 1860 (le
20 Décembre) qu’ils se marieront. Que s’est-il passé entre temps ? Son frère Pierre lui rend compte du résultat des démarches de Hortense dans un courrier
adressé de Vertou et daté du 23 Avril 1857. “Dimanche nous étions à Trentemoult, Hortense, ma mère et moi et que le père Adrien (Ertaud) nous a témoigné son
consentement de la demande en mariage de sa fille ainsi que sa femme… Et que deux jours après Ernestine a dit à Hortense que cela lui convenait beaucoup, mais
qu’elle ne voulait pas venir à Vertou pour y demeurer. Aussi comme je pense que tu ne voudras pas quitter Vertou, cela va te faire réfléchir. Tant qu’à elle du
moment que ça lui convient je crois qu’elle réfléchira avant de prendre une décision. D’autant plus que son père lui a dit "Si tu veux te marier tu ne trouveras jamais
mieux "ainsi que son grand père Bastien qui en est très flatté. Tu nous rendras réponse à ce sujet“.
Jean Bureau même si il essaie de se montrer beau joueur est évidemment très contrarié par cette réponse qu’il commente longuement dans un courrier
adressé du port de St Sébastien (Espagne) à sa mère le 7 Mai. Passées les banalités traditionnelles il en vient au sujet :
Mon frère me parle aussi sur ses deux lettres de la réponse faite par la famille Ertaud . C’est-à-dire par Mademoiselle Ernestine. Elle a accepté la
demande en mariage que je vous avais prié de faire en mon nom et que c’est ma sœur qui a eu la bonté de la faire mais elle a mis une condition c’est de ne pas venir
demeurer à Vertou. Et bien ma bonne mère tout ce qui a été fait est nul, car vous savez que moi je ne veux pas aller demeurer à Trentemoult, et pourtant en faisant
la demande ma sœur a du la prévenir de ça, car je vous l’avais bien expliqué.  Ma bonne mère dès que vous aurez reçu ma lettre je vous prie vous ou ma sœur de
souhaiter le bonjour de ma part à la famille Ertaud et de lui dire que toutes les demandes qui ont été faites sont nulles. C’est malheureux que nous ne pouvions pas
quitter notre pays ni l’un ni l’autre, mais je pense que ça nous empêchera pas d’être toujours aussi amis comme nous l’avons été depuis le mariage de mon frère, jour
où nous avons eu l’honneur de les connaître, c’est-à-dire de devenir familiers. Car mademoiselle Ernestine a réfléchi et Vertou ne lui convient pas pour y demeurer.
Elle fait très bien de dire qu’elle ne veut pas venir y demeurer car si elle avait dit oui et que lorsque nous aurions été mariés elle n’aurait pas voulu y rester, je
n’aurais probablement pas dit comme elle. Ainsi ma bonne mère je me trouve libre c’est-à-dire dégagé de ma parole et eux aussi. Lorsque vous leur rendrez réponse,
je dis eux parce que je parle du père et de la mère qui sont pour beaucoup dans ces sortes de choses. “
Cette correspondance émouvante permet d’imaginer 150 ans après leur première rencontre, les projets mûris par les familles de part et d’autre, les
discrètes approches diplomatiques. On imagine Jean Bureau recevant cette fin de non-épouser quelque part dans un port espagnol, seul, et ruminant sa réponse.
Mais cet homme même blessé, n’est pas disposé à renoncer. Il aime son Vertou et n’entend pas y renoncer, même contre un mariage flatteur et l’espoir de fonder
tardivement un foyer. A 34 ans il serait temps de se marier.
Le refus d’Ernestine Ertaud d’habiter Vertou n’est pas très surprenant et derrière le prétexte de Vertou se cachent peut-être d’autres motivations. Jean
Bureau, est sans doute promis à un bel avenir de capitaine, mais il est d’origine modeste et ne dispose pas à Vertou d'une maison digne de la condition de Ernestine.
Le décès de sa tante Marie cette même année 1857 est le “deus ex machina “ qui va sans doute permettre de relancer plus tard les négociations nuptiales. Car Jean
Bureau hérite de la belle maison que sa tante a fait construire en 1832 sur le Coteau du Chêne, l’une des premières “ maisons de capitaine “ du village, mais toutefois
moins grande et confortable que celles des capitaines des générations suivantes. Jean Bureau se lance alors dans de coûteux travaux de modernisation et
d’embellissement de la maison de sa tante.
C’est aussi à ce moment-là que les affaires de Jean Bureau évoluent. Il finit par accepter de suivre les recommandations de son armateur et de son courtier
maritime qui depuis longtemps le pressent de partir naviguer au cabotage transatlantique. Dans une première lettre du 15 Septembre 1852 son Armateur lui écrit à
Marseille " … nous causerons à votre retour du projet dont nous vous entretenons et auquel vous ne répondez pas. " Quel est donc ce mystérieux projet pour lequel
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