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  La vocation maritime de Vertou
Au début du XIXème Vertou est une grosse commune agricole traversée par la Sèvre, un affluent de la Loire qui se jette en aval de  Nantes. La Sèvre
achemine un important trafic fluvial facilité par une digue millénaire construite par les moines de Vertou, et par l’existence d’une écluse à la Chaussée. Cette digue
facilitait le transport vers l'autoroute fluvial qu'est alors la Loire ouverte par son estuaire sur le monde maritime. En aval de l'écluse, la Sèvre devient maritime et
subit les effets de la marée, les eaux des grandes marées venant presque recouvrir la digue de la Chaussée, mais sans jamais passer de l'autre côté, ce qui me fait
penser que les moines de l'an 1000 étaient de bons ingénieurs. Les femmes de mariniers s’empressaient de terminer leur lessive avant de franchir l’écluse car en
aval l'eau devenait saumâtre, comme la Loire à Nantes. Ce qui explique le grand nombre de bateaux-lavoirs installés au Chêne et à la Barbinière qui lavaient dans une
eau douce le linge venu des navires du port et des beaux quartiers de Nantes.
A titre de curiosité, sous l'Ancien Régime l'Amirauté de Nantes avait l’autorité judiciaire pour instruire les affaires criminelles sur la partie de la Sèvre en
aval de l’écluse actuelle, soumise à la marée, et considérée de ce fait comme appartenant au domaine maritime. C'est ce que rappelle l’affaire Julien Leroy qui
défraya la chronique vertavienne en 1728. Le corps de ce brave homme qui était un honnête négociant habitant la Chaussée, le quartier de Vertou au bord de la
Sèvre, avait été retrouvé noyé en aval de l’écluse : suicide, homicide, accident ? Les juges de l’Amirauté écartèrent le juge de Vertou pour instruire ce dossier
faisant valoir qu'il était de leur compétence territoriale.
Les villages du Chêne et de la Barbinière ont été de tout temps peuplés de gabariers rompus aux techniques de la navigation fluviale qui naviguaient
régulièrement jusqu'au Port de Nantes, la Venise de l'Ouest. On construisait à Vertou des gabares … et même quelques navires de mer. Vertou avec ses villages
bordant la Sèvre participait donc de très près à l'activité maritime de Nantes. Quand les habitants de Vertou devaient se déplacer à Nantes ce n'était pas par la
route mais par la Sèvre et ceci jusqu'à une date récente (vers 1930). On m’a raconté que mon arrière grand-mère, Ernestine Bureau, était partie pour faire ses
emplettes à Nantes le jour où l’armistice de 1918 fut annoncée. Le pilote du bateau reliant Nantes à Vertou qui avait trop fêté cet évènement échoua son bateau sur
un banc de sable. Il n’y avait rien d’autre à faire qu’à attendre la prochaine marée pour pouvoir repartir et Ernestine fut trop heureuse de faire profiter ses
compagnons d’infortune de ses provisions. 
Ce seront donc les enfants des gabariers vertaviens, en contact permanent avec les navires et les marins de mer, qui passeront les premiers de la navigation
fluviale à la navigation maritime. Embarqués comme simples marins d'abord, puis aidés par leur pratique et leur expérience de la navigation acquise dès leur plus
jeune âge ils accèderont rapidement aux postes de commandement de leurs navires. Cette spécialisation technique sera officialisée et pérennisée par l'Inscription
Maritime. Nous reviendrons ultérieurement sur ce point capital.
L'histoire des Navigateurs originaires de Vertou, comme ceux de Trentemoult ou de Indre accompagne étroitement celle du Port de Nantes. L’examen des
généalogies et des registres maritimes montre qu’à la première génération, celle de la Restauration le nombre de marins augmente de façon importante. A la
deuxième génération, celle du Second Empire, leur nombre explose, tous les hommes valides d’une même famille étant alors marins ou capitaines au Cabotage. Ils
obtiennent leur brevet de Maître au Cabotage à partir de 25 ans et dès cet âge peuvent commander un navire en premier ou en second. A la troisième génération,
celle de la Troisième République leur nombre commence à diminuer tandis que la proportion de capitaines au Long Cours dépasse celle des maîtres au Cabotage. A la
quatrième génération, celle de la Belle Epoque, ils ont presque disparu, sauf quelques rares capitaines cap horniers et nombre d’officiers de la nouvelle marine à
vapeur marchande et militaire.
Les deux populations de Vertou
Au XIXème la population de Vertou se répartissait en deux communautés bien distinctes. D’une part une population rurale largement majoritaire constituée
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