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descendants de cap horniers (ref bibliographie) qui retracent l'histoire de la maison Bordes, des équipages de Bretagne Nord et de l'activité cap-hornière en
général.  Néanmoins la tradition maritime reste encore bien vivante à Nantes, et alors que les marins nantais jouent un rôle modeste sur la scène cap-hornière, ses
armateurs, constructeurs et entrepreneurs y jouent toujours un grand rôle, construisant et armant 147 navires cap horniers de prime. A ce nombre il faut ajouter
une vingtaine de "petits long-courriers" desservant les ports du Brésil et des Caraïbes... qui ne passent pas le Cap Horn, comme le désormais célèbre Belem.
Les armateurs sont désormais des financiers, qui jouent avec leurs navires comme à la Bourse, qui télécommandent leurs capitaines et marins à partir de leur
siège lointain. Le capitaine est devenu un simple exécutant technique confiné à un rôle de conducteur d'autobus, en plus dangereux. Nous sommes bien loin de la
marine à voile artisanale et familiale pratiquée par nos capitaines-entrepreneurs du XIXème; dont l'équipage appartient à la même famille ou au même village que le
capitaine; dont les actionnaires sont tous des amis, des confrères ou des notables locaux; dont les capitaines sont de véritables entrepreneurs souvent
propriétaires de leur navire avec lequel ils partagent leur vie pendant plusieurs dizaines d'années à la fois gagne-pain, domicile, confident, compagnon; où le
capitaine joue un rôle essentiel pour préserver les intérêts et les vies des hommes et du matériel qui lui sont confiés et dont l'activité - honnête et respectable -
profite à toute la région. 
La fin
Pendant la première moitié du XXème le Port de Nantes maintiendra tant bien que mal son activité maritime sur la lancée du siècle précédent avec trois
chantiers de construction navale, une école d'hydrographie, un modeste trafic portuaire, quelques compagnies locales de navigation, une poignée de marins et
capitaines restés fidèles à une tradition familiale multiséculaire. Mais les fondements économiques et commerciaux de l'activité maritime ont définitivement
disparu. Aujourd'hui on ne trouve plus de marins en région nantaise, ni ailleurs en France, la marine française ayant quasiment disparu dans l'indifférence générale.
Nantes en Bretagne
Est-il besoin de rappeler que Nantes et le territoire de son ancien Evêché font partie intégrante de la Bretagne politique et administrative depuis 853
jusqu'à la disparition en 1789 des Etats de Bretagne, soit un bon millénaire de fidélité. Jusqu’à cette date les documents officiels établis par les notaires de
Bretagne, j’en possède quelques uns de Vertou, étaient marqués du sceau des Etats de Bretagne (Hermine et fleur de lys comme sur le blason de Vertou). Nantes a
été sans interruption la capitale de la Bretagne, le siège de tous ses Rois et Ducs ainsi que de sa prestigieuse Université jusqu'à son annexion par François 1er. Seul
son Parlement avait été transféré à  Rennes...dans un souci de "décentralisation", le centre historique de Nantes était devenu trop exigu, mais pas seulement cela :
les magistrats n’étaient pas mécontents de s’éloigner des armateurs et négociants de la ville qui les exaspéraient par leur réussite matérielle et leur faste
ostentatoire et que secrètement ils enviaient, jalousaient et haïssaient, refrain connu. La population de la Bretagne a toujours été bilingue comme aujourd'hui la
Belgique ou la Suisse, mais la langue à la fois officielle et la plus couramment parlée a toujours été le français. La Bretagne ne peut donc pas être définie
uniquement par les limites de la langue bretonne. Mais au-delà de son rôle politique et administratif essentiel on comprend bien que Nantes avec ses négociants et
sa marine florissante était la locomotive économique de toute la Bretagne. Ce rôle de grande Cité marchande lui conférait une place tout à fait à particulière dans
les Etats de Bretagne et sans être iconoclaste on peut dire que Nantes a toujours été plus nantaise que bretonne comme, toute proportion gardée, Venise était plus
vénitienne qu’italienne.
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