Navigation bar
  Home Start Previous page
 19 of 113 
Next page End 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24  

notamment l’Ecole du Génie Maritime, la plus ancienne école française d’ingénieurs après celle des Ponts et Chaussées. 
La période sombre
Choiseul avait réussi non sans difficultés à reconstruire une marine digne de la puissance de la France, capable de tenir tête à la marine anglaise. Elle sera
décimée en quelques mois avec la Révolution française : les officiers de marine émigrent, les arsenaux sont désorganisés et pillés, les caisses sont vides. Un seul
exemple pour l’illustrer : à la veille de la Révolution deux ingénieurs militaires de la marine s’apprêtaient à mettre au point une nouvelle arme redoutable, le boulet
creux. Le premier émigra et le deuxième fut embastillé puis guillotiné. 
La force principale des armées terrestres révolutionnaires et impériales était celle du nombre car la France de cette époque était un géant démographique.
Mais pour la guerre navale le nombre ne donne aucun avantage. L’arme navale exige des officiers expérimentés, des marins qualifiés ainsi qu’une excellente
organisation pour le support logistique, la construction des bâtiments de guerre, leur entretien, leur armement. Un fils de cabaretier comme Murat ou Bernadotte
pouvait devenir maréchal d’empire ou même roi … il n’aurait jamais pu commander un vaisseau de ligne et encore moins une escadre. Les Anglais, qui s’y connaissent
un peu en marine, définissaient à l’époque le profil de l’officier de marine : “Homme de condition si l’on veut, homme de savoir s’il est possible, mais homme de mer
absolument, son capital est de savoir naviguer”. 
A chaque engagement naval perdu d’avance par les Français, les Anglais nous prenaient nos navires – qui avaient coûté des fortunes – et les réutilisaient
immédiatement dans leur flotte pour les retourner pour contre nos navires, un mécanisme auto-cumulatif de puissance navale inconnu dans l’armée de terre.  Par
exemple lors de l’expédition de Quiberon de 1795 les Anglais nous ont pris en quelques heures et sans coup férir trois vaisseaux de haut rang, excusez du peu (le
Formidable, le Tigre et l’Alexandre). Cette même année, et donc 10 ans avant Trafalgar,  les Directeurs (les Membres du Directoire qui dirigeaient alors la France )
dressaient sans complaisance devant la représentation nationale un douloureux bilan : “ Nos flottes humiliées, battues, bloquées dans nos ports, dénuées de
ressources en vivres, en matière de toutes sortes, déchirées par l’insubordination, avilies par l’ignorance, tel est l’état dans lequel les hommes à qui vous avez confié
le gouvernement ont trouvé la marine française”. Sans commentaires.
C’est pourquoi le faste donné par les Anglais en 2005 pour le bicentenaire de Trafalgar est  totalement indécent : “ Chacun a la gloire qu’il mérite !” 
Trafalgar fut une victoire sans mérite, sans éclat et sans gloire face à une flotte française décimée et désorganisée qui n’était même plus l’ombre de celle qui avait
tenu tête à la marine anglaise en 1780 et avait permis la libération des Etats-Unis. L’amiral français de Villeneuve, le pauvre homme, savait pertinemment bien qu’il
menait la flotte française directement à l’abattoir en obéissant aux ordres comminatoires de Napoléon qui le sommait de livrer bataille aux Anglais. Napoléon aurait
dû pourtant retenir les leçons de sa pitoyable expédition et fuite d’Egypte. Toujours est-il que le sacrifice de la flotte française sur les autels de la République
préparait celui des armées napoléoniennes plus tard sur terre. Il est symbolique que c’est aux Anglais que l’Aigle déchu à Waterloo ait dû se rendre, pas au Tsar ni à
l’Empereur d’Autriche son “beau-père”.
L’effondrement de la marine française pendant la Révolution et l’Empire portera un coup fatal non seulement aux ambitions napoléoniennes mais surtout au
trafic maritime français et nantais. Par ailleurs la Terreur révolutionnaire a été particulièrement tragique pour la région nantaise où elle a fait plusieurs dizaines de
milliers de victimes. A Vertou le bourg est incendié, son abbaye est détruite, plus d'une centaine de ses habitants , hommes, femmes, enfants sont massacrés,
fusillés, guillotinés, noyés. Nos spécialistes en repentance et en "travail de mémoire" ne se bousculent pas pour évoquer la tragédie des centaines de milliers de
victimes innocentes et de tous bords dans l'Ouest de la France sous la Terreur révolutionnaire,.
Le commerce maritime de la France est complètement bloqué par le blocus maritime imposé par l'Angleterre pendant 25 ans et il ne pourra reprendre qu'à
partir de 1815 et encore. La Restauration n'est guère propice au dynamisme commercial et maritime car la France est alors dirigée par d'anciens émigrés aigris plus
soucieux de retrouver leurs terres et leurs privilèges d'avant que de développer son commerce et son industrie. La France qui a perdu progressivement toutes ses
Previous page Top Next page