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majestueux bordés de palais magnifiques dont le modèle s’exporta dans toute l’Europe”. (ref : catalogue d'une exposition présentée à Nancy avec pour thème :  “De
l’esprit des villes, Nancy et l’Europe urbaine au Siècle des Lumières 1720-1770 ). Nantes n’est même pas citée dans cette liste de villes aux “palais magnifiques”,
alors que Rennes l’est! Les hôtels particuliers de la ville de Nantes, que certains s’obstinent à voir comme des vestiges d’une richesse fabuleuse et honteuse,
n’avaient à  cette époque rien d’exceptionnel en France et ne faisaient que refléter la prospérité de toutes les grandes villes d'Europe  au XVIIIème. Les grands
programmes d'aménagement de Nantes comme celui de l'Ile Feydeau et de Graslin ont été lancés avant l'essor du trafic négrier et auraient été menés à leur terme
sans celui-ci comme partout ailleurs. 
Deux exemples démontrent l’extraordinaire dynamisme commercial et industriel de la Cité nantaise au XVIIIème. La construction navale nantaise (Nantes et
Estuaire) était à cette époque la plus importante de France, dépassant celle de Bordeaux, employant plusieurs milliers de travailleurs spécialisés : charpentiers de
navires, calfateurs, voiliers, forgerons.  L'activité de ces chantiers dans le troisième quart du XVIIIème (ref bibliographie) est parfaitement connue par les
rapports de l’Amirauté et il est facile de vérifier que les navires négriers ne représentaient qu’une minorité de ces constructions. A quoi donc servaient tous les
autres navires ? Deuxième exemple, celui de l'industrie des Indiennes qui se développe de façon prodigieuse à Nantes qui devient en quelques années un centre de
production textile aussi important que Paris (Jouy, Oberkampf), Rouen et Mulhouse. (Je recommande vivement la lecture passionnante de la thèse de Céline
Cousquer : "Nantes une capitale française des indiennes au XVIIIème siècle, édité chez Coiffard").  Cette thèse nous apprend que l’engouement pour ces indiennes
avait été tel qu’il avait fallu en interdire la vente pendant plus de cinquante ans tandis que dans le même temps la traite négrière était encouragée par le versement
de primes, ce qui illustre bien la relativité des contingences morales.
Attribuer la prospérité passée et présente de la ville de Nantes aux négriers, et à eux seuls, c’est faire bien peu de cas de son passé millénaire de commerce,
de négoce, d’industrie, d’entreprise, d’ouverture sur le monde, de tolérance raciale et religieuse (voir l’Edit de Nantes où était implantée une importante
communauté protestante)  et de tous ceux qui à Nantes comme ailleurs ne sont pas restés inactifs pendant tout le XVIIIème, en se contentant de regarder, les
mains dans les proches, les négriers faire fortune !  Cette prospérité existait bien avant eux. Elle se poursuivra à côté d’eux. Elle se prolongera bien après eux au
cours du XIXème, une prospérité créée par l'ensemble du milieu maritime nantais : négociants, armateurs, capitaines, constructeurs de navires, renforcés
désormais par les nouveaux industriels, commerçants et entrepreneurs issus de la révolution industrielle du XIXème et dont les noms sont connus de tous Nantais
"de souche". 
Il est certain que Vertou a bénéficié directement et indirectement de la prospérité nantaise du XVIIIème puisque plusieurs négociants et armateurs y
avaient fait construire leurs résidences : comme les Grou à la Placelière où Benjamin Franklin fut reçu avec faste à la fin de l'année 1776 (un navire de Grou
s’appelait La Placelière), les Mosneron à l’Aulnaye, les Darquistade à la Maillardière dont l'orangerie accueillit le premier magnolia planté en France.
La Guerre d’Indépendance des Etats-Unis
On parle beaucoup (trop !) des négriers nantais, mais jamais du sacrifice des marins nantais morts au cours de la guerre maritime franco-anglaise qui s’est
déroulée sur toutes les mers du globe de 1778 à 1783 ( Traité de Versailles). Son objectif était de disputer aux anglais la suprématie maritime et permettre en
particulier aux Etats-Unis d’obtenir leur Indépendance. 146 marins originaires de Rezé -Trentemoult furent mobilisés à cette occasion dont 34 y laissèrent leur
vie ! Peu de villages français peuvent s’enorgueillir d’avoir autant participé à la libération de notre grand allié américain. 
A cette époque la marine française égalait la marine anglaise, ce qui a permis aux Américains d’obtenir militairement leur Indépendance et à la France de
retrouver ses anciennes colonies d’Amérique du Nord et des Antilles. Cette réussite est à mettre à l’actif du Duc de Choiseul Ministre de la Marine de Louis XVI,
lequel avec son énergie légendaire n’avait rien trouvé de mieux pour l’encourager que de lui dire “ Mon cher Choiseul, vous êtes aussi fou que vos prédécesseurs, il n’y
aura jamais en France d’autre marine que celle du peintre Vernet ”. Il réorganise de fond en comble la Marine par son Ordonnance du 25 Mars 1765 qui crée
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