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une fois l'an le jour de la St Sylvestre. Longtemps deux flottes quittaient Bilbao, la première à destination des Flandres et la seconde cinglant vers La Rochelle et
Nantes. Beaucoup d'Espagnols se fixèrent alors à Nantes. Qu'il me suffise de citer le célèbre financier André Rhuys de Embito qui reçut plusieurs personnages
importants du royaume. Les Espagnols nous fournissaient des matières premières, surtout des laines, et nous leur donnions en échange des draps de Fougères, des
canevas de Vitré, des toiles de Quintin, des coutils de St Aubin et des croisets, blanchets et tortilles d'Angleterre qu'apportaient les marchands de Morlaix ou que
les Anglais apportaient eux-mêmes...Nantes était donc un centre d'approvisionnement et nous voyons que l'industrie bretonne y jouait un certain rôle. L'orfèvrerie
de luxe, très recherchée alors nous venait ordinairement d'Italie...mais c'était les Maîtres des monnayes ou des orfèvres du pays qui fabriquaient non seulement
l'argenterie usuelle, mais encore les vases, flacons, aiguières et bassins qui servaient aux cadeaux des princes et des villes ...Sous le règne de François II il n'était
pas de village où l'on ne trouva de la vaisselle d'argent... "
Nous reviendrons plus loin sur ces Monnayeurs de Nantes qui appartiennent aussi à l'histoire de nos familles trentemousines !
Nantes au XVIIIème
Après la découverte de l'Amérique les courants d'échange traditionnels de l'Europe sont bouleversés. Le commerce de Nantes se réoriente tout
naturellement vers les Amériques mais ses trafics traditionnels ne disparaissent pour autant bien au contraire. En particulier le commerce avec l'Océan Indien
reste florissant. Il faut rappeler que le siège de La Cie des Indes Orientales fut à Nantes jusqu'en 1733, et même après avoir été déplacé officiellement à Lorient
le négoce de ce juteux trafic continua d’être traité à Nantes. Le trafic triangulaire ne représentait qu'une partie du commerce nantais et en terme d'activité
maritime il était marginal. Par exemple il ne mobilisait qu'une quinzaine de navires chaque année alors que le trafic traditionnel en mobilisait plus d'un centaine.
Redonnons la parole à notre vieil historien : " Le commerce maritime à partir de 1720 devint pour Nantes la source d'une prospérité inouïe. Les relations maritimes
avec les Amériques étaient devenues habituelles et nos colonies naissantes des Antilles, St Domingue surtout, donnaient lieu aux plus fructueuses spéculations dans
lesquelles la traite des Noirs entra malheureusement pour un chiffre élevé. Les retours en denrées coloniales n'atteignaient encore que 7 millions en 1729; ils
furent de plus de 18 millions en 1764; de plus de 40 en 1790. La progression pour être moins forte n'en était pas moins aussi marquée dans le commerce avec les
Etats Européens. Ainsi Nantes qui recevait d'eux en 1729 pour 2,5 millions de marchandises voyait en 1790 le chiffre de ses importations s'élever à 20 millions et
celui de ses exportations à 28 millions. Ainsi la Ville se transformait. Sa population qui n'était que de 42000 âmes au commencement du siècle était de 80000 aux
premiers jours de la Révolution..."
Il faut toujours se méfier des statistiques et celles-ci appellent deux remarques : les statistiques douanières du port nantais sont établies en valeur et non
pas en volume. Si on corrige ces statistiques pour l'exprimer en volume transporté alors le commerce "européen" redevient plus important par le fait que la valeur
des marchandises européennes est beaucoup plus faible que celle des denrées coloniales. Mais plus important encore : les statistiques douanières du port de Nantes
ne prennent pas en compte les transports maritimes de cabotage national et international effectués par navires de la flotte nantaise qui ne touchent jamais le Port
de Nantes. Ce que l'on appelle aussi le “tramping” était en effet la grande spécialité de la marine nantaise au XVIIIème et au XIXème.
Nantes, ville cosmopolite
On ne fait pas de négoce en chambre. A cette époque comme aujourd'hui il fallait disposer d'un réseau de correspondants solide et de toute confiance. De
ce fait les négociants dits "nantais" appartenaient le plus souvent à des communautés extérieures: espagnoles, flamandes, juives, flamandes, huguenotes,
irlandaises, suisses… Les Nantais étaient souvent réduits au rôle d'exécutants locaux de ces grands réseaux européens de négoce et de financement. Bien sûr
quelques locaux tenteront de les imiter parfois avec succès. De nombreux entrepreneurs hardis et dynamiques trop à l'étroit dans leur ville d’origine sont venus
s'établir à  Nantes d'origine, attirés par les perspectives d'enrichissement offertes par la Place de Nantes, une ruée vers l'ouest en quelque sorte. Par exemple les 
deux plus beaux hôtels particuliers de l'île Feydeau côté Ouest n'appartenaient pas à des familles d’origine nantaise, mais au malouin de Villestreux et au Flamand
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